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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 11:33
 

Les cinq sens

Nous verrons que la vue et l’ouïe et étaient les deux seuls sens retenus par l’esthétique. C’est en effet dans l’espace visible que se constitue la conscience d’objet et si le support de l’ouïe est important, c’est surtout par ce que le son est le véhicule le support du concept. Seulement, à partir du moment où c’est la pensée qui a l’initiative de la perception, la sensation est seconde et la sensibilité est faible.

 

Le toucher, le goût et l’odorat sont des sens moins intellectualisés et plus sensuels, mais qui restent assez négligés chez l’être humain. Parler d’une relative infirmité humaine à ce niveau n’est pas exagéré. Nous faisions précédemment une comparaison avec l’univers olfactif du chien. Il nous est difficile d’imaginer ce que pourrait être une relation au monde qui est fondée à 80% sur l’odorat.

 

Ce qui est certain, c’est que l’approfondissement du sens du toucher, du goût et l’odorat produirait une transformation profonde dans notre appréhension ce qui est. Il est aussi hors de doute que notre mode de vie à l’occidentale nous porte aussi à surintellectualiser nos sensations, ce qui les stérilise. L’art de vivre présent dans bien des cultures traditionnelles témoigne souvent d’un raffinement des sens dit « non esthétiques ». Nous avons certainement à gagner à renouer avec une forme de sensualité que nous avons négligé. Est-il possible d’éveiller nos cinq sens ? Quelle est la profondeur de chacun d’eux ?

 

 

A. Le domaine de l’ouïe et le son

Dans l'ancienne science védique, chacun des cinq sens (texte) était associé à l’un des cinq Eléments de la Nature. L’ouïe est en relation avec l’akasha, ce que l’on traduit approximativement par l’Ether. L’akasha est l’élément le plus subtil, porteur de l’information et de la mémoire dans la forme du son. Le sens de l’ouie est intimement lié à l’idéation et à la Manifestation du monde phénoménal comme vibration primordiale.

 

1) Le son existe sous différentes formes : a) des bruits variés qui nous entourent et de la musique dépourvu de signification ou b) dans la parole en association avec l’élément du langage, le concept porteur d’une signification. L’activité mentale s’éveille, se déploie et s’agite même dans la pensée conceptuelle ; tandis que le simple son, comme musique ou comme bruit naturel, a plutôt tendance à réduire notre activité mentale. La sensibilité et la sensualité de l’ouïe résident dans cette vibration antérieure à la pensée conceptuelle. Nous savons bien que notre esprit n’est pas du tout sur le même registre quand il chevauche des pensées ou quand il est dans l’écoute. L’écoute est plus sensible et elle défait l’identification, la pensée est plus intellectuelle et elle implique souvent une forte identification. La signification est communément ce qui nous semble sérieux et digne d’occuper notre esprit dans notre monologue intérieur. D’où la honte évoquée par Saint Augustin dans Les Confessions : « il m’arrive d’être ému du chant que des paroles chantées, j’avoue que mon péché mérite pénitence, et alors je préfèrerais ne pas entendre de chants ». Dans le livre X il se met en recherche de la concupiscence présente dans les cinq sens, le péché de la jouissance charnelle. Ici pour ne pas céder aux charmes de la musique, il faut surtout porter attention aux paroles des Cantiques. Quand la musique se fait lascive, envoûtante, elle entraîne l’âme dans la direction du péché. Platon condamnait certains modes musicaux pas assez virils. Augustin réprouve ce que la musique contient de sensualité.

 

Maintenant, cela ne veut pas dire que le son, détaché du mot qui nous sert à étiqueter, à nommer, n’ai en lui aucune valeur d’intelligence. Il en a parce qu’il existe une intelligence perceptive. Elle se manifeste dans la disponibilité par laquelle la conscience se fait réceptive. Ce qui est différent de la compulsion continuelle qui nous porte à moudre des pensées pour juger, coller sur les objets des étiquettes mentales, à projeter des concepts. Il existe une puissance immanente du son, qui condense sa valeur vibratoire d’énergie et d’intelligence, elle parcourt toute une gamme de sonorités ; et il existe de la même manière des degrés, une ouïe grossière qui n’est interpellée que par le bruit sous une forme agressive et une ouïe subtile ouverte à des niveaux très fins du son, jusqu’à écouter dans les espaces, de silence entre les pensées. Affiner l’ouïe c’est découvrir que l’univers tout entier est murmure et vibration. C’est aussi découvrir la profondeur du silence de l’esprit. En effet, un esprit qui n’est pas intérieurement silencieux ne peut pas écouter. Il n’entend que son propre bruit. (texte) Il ne peut se mettre aux aguets et pressentir un mouvement, une respiration et les milles petits bourdonnements de la Nature. Il ne peut pas écouter une voix dans ses tremblements et recueillir ce qu’elle ne peut confier à la parole. Il ne peut pas non plus être attentif à l’activité de son esprit et encore moins être conscient des Idées. Par conséquent, il est facilement piégé par ses propres pensées, car il n’y a pas autour un espace de silence. Tant qu’il n’y a pas d’espace silencieux en nous, il ne peut pas y avoir d’intelligence lucide. Écouter, (texte) c’est ouvrir un espace à ce qui est et le laisser vacant. Écouter, c’est autoriser l’entrée en scène de ce qui advient, sans faire barrage, sans vouloir par avance contrôler, sans chercher à fuir ce qui est. C’est-à-dire sans être obnubilé par ce que nous sommes en train de dire ou de penser. L’écoute fait de l’observation une méditation vivante (texte) en donnant à la conscience une profondeur qu’elle n’aurait pas sans cela. L’écoute permet qu’affleure en permanence la Conscience qui est en toile de fond de toute expérience.

 

Ce n’est certes pas l’expérience de la conscience habituelle dans laquelle nous sommes bien trop préoccupés par nos pensées pour écouter. Dans cet état, pour reprendre Ravaisson : l’ouïe n’est « plus l’instrument simple d’une réceptivité immédiate ». « Le son n’est plus uniquement une sensation, mais un objet de perception distincte ». Et c’est en réalité la pensée qui produit la transformation qui « d’une sensation inexplicable, en un objet distinct d’imagination et de conception, en une idée qui a ses parties, qui peut être décomposée et recomposée, expliquée et enseignée ». Ce que nous appelons notre état de veille est précisément cette condition dans laquelle la sensation est noyée dans la trajectoire intentionnelle de la pensée et ses motivations. Cela n’a rien à voir avec le feeling immanent à la sensation qui, dans le moment présent, laisserait s’épanouir le son et le monde sonore.

 

2) Bergson disait (texte) que chez l’artiste la Nature a oublié d’attacher un des sens aux préoccupation pratiques, de sorte que l’artiste conserve un rapport virginal à ce qui est, une innocence perceptive qui est ce qui le rend sensible et fait précisément de lui un artiste. En fait cette soi-disant « préoccupation pratique » n’est rien d’autre pour la plupart des hommes qu’une activité mentale compulsive. C’est elle qui crée ce voile dont parle Bergson, le voile tissé entre nous et la réalité, ce voile qui fait que nous ne percevons que de manière distraite et en rapport avec notre intérêt intellectuel. La conscience n’est vulnérable et réceptive qu’à cette seule condition que prenne fin pour un temps le bavardage habituel de l’esprit et que s’ouvre l’espace de l’écoute.

 

Un musicien n’est pas une personne douée d’on ne sait quel talent extraordinaire, c’est d’abord un être sensible à l’univers des sons, plus sensible que la plupart du commun des mortels. Dans un domaine particulier des cinq sens il a conservé un certain degré de présence. Dans les autres il peut être aussi insensible que la plupart des hommes. Mais dans le royaume de l’ouïe a conservé un degré de liberté, car il sait écouter. Ce qui n’implique, encore une fois, aucun effort intellectuel de sa part, mais une simple ouverture. C’est pour cette raison qu’un musicien est le premier à savoir apprécier les qualités esthétiques d’une œuvre musicale. Ce n’est pas parce qu’il aurait emmagasiné tout un tas de concepts dans son esprit qui lui permettraient de juger, de classer, de définir. Non, il peut dé-couvrir par lui-même ce qui est présent dans la richesse harmonique de la musique, car il garde ouvert le domaine de l’expérience du son. Nous ne pouvons dé-couvrir qu’en enlevant ce qui couvre et ce qui couvre la sensibilité musicale, c’est la lourde chape de nos préconceptions, de notre savoir, du savoir de l’intellect qui tend à pré-juger de ce qui est senti, c’est-à-dire de ne pas sentir vraiment. Ainsi, dans un monde tel que le nôtre qui est très envahi par des nuisances sonores, dans lequel on ne peut pénétrer dans un café sans être agressé par une mauvaise musique, le sens de l’ouïe peut rester infirme. Si nous étions plus sensible, nous veillerions à ce que l’univers sonore ne soit pas pollué, autant que l’univers visuel, car cette pollution ne fait que contribuer à une agitation mentale constante qui fait que la capacité réelle d’écouter est constamment inhibée.

 

3) Dans la plupart des traditions spirituelles de l’humanité la Manifestation du Monde est décrite comme ayant sa Source dans le son primordial. Les chrétiens disent le Verbe divin. L’âme peut effectuer un passage depuis le verbe mental humain dans le Verbe divin. Ce que dit Maître Eckhart dans ses Sermons. En Inde, on admet que la création est tout entière spanda, une vibration qui est une harmonique du murmure présent dans l’Univers (texte) contenu dans les trois lettres de aum. Toute chose qui apparaît au niveau de nos sens de la vue en tant que forme se ramène ultimement à une vibration dont la formule est en quelque sorte une fonction d’onde vibratoire. Un son. Les anciens disaient que celui dont la conscience serait parfaitement pure pourrait, en prononçant les sons primordiaux, faire jaillir la forme. Cependant, dans la période historique qui est la nôtre qui est un âge d’ignorance, cette connaissance a été perdue, car il fallait protéger la puissance de la parole. C’est le sens secret de la puissance des mantras qui a été perdue car les hommes de doivent pas mal utiliser la puissance créatrice des sons. Ils en ont donc été privés. Ainsi, la pensée humaine a perdu sa puissance d’idéation créatrice et elle devenue simple représentation. Noter que les auteurs du Veda, les rishis védiques ne sont jamais présentés comme des artisans laborieux qui auraient agencé des paroles de leur propre cru. Le Veda a été entendu au niveau le plus subtil de la conscience, il est même présenté comme étant l’émanation du langage subtil de la Nature. Parfois, ce sont plusieurs rishis qui ont entendu le même hymne et c’est noté dans la compilation du Rig Veda au début de chaque sukta. Il n’y a rien de « personnel » dans les hymnes védiques. Il est théoriquement possible, dans une expérience d’enstase, que le yogi entende en lui-même le Veda. La Manifestation est un processus sans fin et qui se déroule maintenant, la source créatrice est éternelle, mais l’homme ne peut dans son état de conscience actuel y accéder. Cela explique pourquoi, dans son essai d’esthétique, Shri Aurobindo considère que la plus haute poésie est une poésie mantrique, une poésie qui renouerait avec le Verbe. Ainsi, l’éveil du sens de l’ouïe dans cette perspective nous reconduit directement à la dimension métaphysique de la puissance de la création à l’œuvre dans l’univers. De la même manière, nous pouvons aussi dire que l’éveil de la conscience doit rendre à la parole sa dimension inspirée, c’est-à-dire sa puissance créatrice.

 

B. L’espace vivant du toucher

Dans le Vaisheshika, le système de philosophie de Kanada, les substances se distinguent par les qualités de leurs paramanus ou atomes. Il existe quatre qualités : l’odeur, (gandha), le goût (rasa), la forme (rupa), et le toucher (sparsha). La Terre possède les quatre qualités, l’Eau possède la saveur, la forme et le toucher. Le Feu possède la forme et le toucher. L’Air possède uniquement le toucher.

 

1) Le sens du toucher est très élémentaire, au sens archaïque du mot. L’enfant, après entendu la voix de sa mère explorera son monde par le toucher, ce monde alentour qui reste encore indifférencié. Le toucher comporte le sens thermique du glacé, du froid, du tiède, chaud, brûlant etc. et le tact comme le doux, le rugueux, le soyeux, le rêche etc. Indifférencié veut dire ici que le toucher est purement qualitatif. Ce qui est seulement touché comporte des nuances, mais pas aussi nettement «d'objet » qu'il peut y avoir un objet dans l'identification par concept associée à la vue. Le toucher nous donne une présence palpable et il est significatif que c’est au sens du toucher que l’homme se réfère pour appuyer sa représentation de la réalité empirique. Le tact est moins sujet à illusion que la vue. On voit mal comment le rêche, le lisse, le froid etc. pourraient être autre chose que ce qu’ils nous paraissent et se révéler différent. Au toucher les choses prennent vie et ne sont pas seulement des objets utilitaires. Le canif dans ma poche, puis dans ma main a sa forme, son poids ; prendre le temps de le sentir au creux de la main, c'est lui accorder une existence à part entière, sentir qu'il est une réalité sensible qui mérite quelques précautions. L'utilisation comme « couteau » nous met dans la pensée utilitaire, et dans la pensée utilitaire une chose ne reçoit plus d'accueil. Si nous laissions les choses être ce qu'elles sont en les touchant, en les caressant, nous ne serions pas loin d'éprouver leur présence comme une énergie subtile, ou comme celle d'une entité. « Objets inanimés avez-vous donc une âme ? » dit le poète. Il faut une grande qualité de sensibilité du tact pour entrevoir l'âme des choses, pour pressentir qu'elles pourraient bien chacune d'entre elles, avoir une structure de conscience. Si nous accordions au toucher toute l'importance qui lui revient, notre commerce avec les choses serait profondément modifié. De la sensibilité du tact dépend le sens du raffinement qui nous porte à nous entourer de belles choses. L'amour des choses n'a rien à voir avec l'avidité qui consiste à nourrir l'ego en possédant des objets à n’en plus finir. Le plaisir du tact a partie liée avec le soin que nous accordons à la beauté. Passer la main sur la frise d'une armoire, tout en respirant l'odeur de la cire, prendre au creux de sa paume une poignée de porte, toute lisse des milliers de mains qui l'on ouverte, toucher le grain d'un papier peint, la courbe impeccable d'une assiette de faïence, soupeser la pince qui sert à mettre du bois dans le feu: il y a mille et un gestes du toucher que nous pourrions faire consciemment. Nous pourrions connaître ce plaisir de la rencontre des choses. Au lieu de cela, nous sommes tellement accaparés par nos pensées que errons comme un fantôme au milieu des choses sans percevoir leur individualité (texte). Nous vivons coupés du monde des choses et nous ne les appréhendons que comme objets relatifs à une utilité. Cette séparation, ainsi que la relation purement utilitaire, produit l'indifférence et l'indifférence produit la négligence, la saleté et le mauvais goût. Nous devrions apprendre très tôt à nos enfants le contact des choses Il n'y aurait plus alors à leur crier dessus de prendre soin de leurs affaires! Un tout petit amour se noue dans le toucher des objets qui est déjà un élément de culture. C'est aussi à partir de là que nous pourrions faire sentir à un enfant la différence entre un objet technique et son caractère très fonctionnel et le supplément d’âme contenu dans un produit artisanal fait à la main.

 

2) Nous avons vu que contact avec l'animal est important pour l'équilibre psychique de l'homme. Caresser la fourrure d’un chat qui se blotti sur nos genoux est un moment délicieux. Pour un temps nous n’avons plus besoin d’être entièrement « dans la tête », nous pouvons être là et en quelque sorte laisser le chat nous enseigner cette incroyable lâcher-prise que manifeste spontanément l’animal au repos. C’est aussi un moment où nous n'avons plus besoin de produire une image de nous-mêmes. Le chat nous accepte tel que nous sommes. Nous pouvons lui donner une affection sans introduire d’attente. D’ailleurs le chat ne fait jamais ce que nous voulons. Il est très indépendant. Quand il se laisse caresser, c’est une grâce qui est en fait aussi riche que la chance en forêt d’avoir pu croiser un chevreuil. Aussi étrange que cela paraisse, le contact avec l’animal nous permet d’être nous-mêmes. Il nous permet de sentir ce qu’est une spontanéité, une vitalité, libre de tout concept, une célébration de la Vie qui ne garde rien en réserve pour plus tard mais célèbre le moment présent. Le chien est incroyablement doué dans la célébration de la Vie. Malgré la cruauté avec laquelle son espèce a souvent été traitée, il conserve une bonté et une affection sans limite. Nous n’y faisons pas attention, mais caresser un chien est réellement un privilège. Du contact, nous irons spontanément vers cette vitalité libre et facétieuse qui n’existe plus guère que chez l’enfant. L’homme adulte est si souvent mortellement sérieux et il a besoin de se ressourcer au contact de l’animal pour se sentir revivre dans la joie simple d’exister sans autre but que la célébration de la Vie. Mettez un chien dans une salle d'attente et tout le monde se mettra à parler. Cette joie simple du chien est aussi Sacrée. Il n’est pas étonnant que nous ayons des exemples de saints entourés d’animaux. Saint François d’Assises bien sûr, mais plus près de nous Ramana Maharshi avait une relation touchante avec les animaux. Le sens du Sacré nous rapproche de la Nature et le contact avec l’animal nous y introduit. Là aussi, ce n’est qu’une question de conscience ou d’ouverture de la conscience au domaine du sensible. (texte)

 

3) Difficile d’évoquer le toucher dans la relation humaine. La question est piégée par une contradiction : elle évoque ou bien le registre de l’attirance plus ou moins vulgaire de la sexualité, ou bien la répulsion tout aussi brutale à l’égard d’un contact déplacé. Ou bien la relation humaine est soit trop charnelle et la proximité n'est que désir, ou bien elle est envahissante et la promiscuité n'est que répulsion. Il n’y a pas de juste milieu, ou il ne se rencontre que dans les civilisations hors de l’Occident. Aux USA, il faut être très précautionneux dans ses moindres gestes, car l’accusation d’avances sexuelles ou de comportements pédophiles n’est jamais très loin. Le contact devient très cérémonial, froid et très formel. Il y a des endroits où on vous regarde de travers et le seul fait de prendre par la main son petit garçon pour le conduire à l’école devient presque indécent. Or la contradiction n’est pas mince, car dans ce monde de relations glacées qui est le nôtre, l’être humain a énormément besoin d’un contact chaleureux, ce qui veut aussi dire aussi parfois… d’une accolade. Le succès de la campagne free hugs lancée dans le prolongement du travail d’Amma devrait nous faire réfléchir. Il vient certainement d'un profond besoin et le besoin est l’exact contrepoids de ce que nous sommes devenus. Nous sommes tellement engoncés dans des rôles formels, tellement transis dans notre isolement ! Nous avons beau pérorer dans nos discours, il y a des moments où cela nous ferait un bien fou, ne serait-ce que quelques secondes, d’être pris dans les bras d’un être humain. C’est là que l’on peut déceler à quel point dans nos sociétés qui se prétendent conviviales, parce que consommatives, l’être humain vit dans la séparation. Nous avons plus de contact avec des objets techniques, du carton, du plastique, ou du métal qu’avec des êtres humains.

 

Il y a une richesse du toucher et des degrés depuis le contact grossier à la perception des niveaux les plus fins du tact. (texte) Ce n'est pas seulement, comme le pensait Condillac, que le toucher donne une base permanente aux images du mouvement. Il ne fait pas qu'activer une expérience de réflexion du moi où la pensée vient palper ce qu'elle ne voit pas.

 

C. Le sens de la vue et la forme

Continuons de la même manière que précédemment. La vue est associée à l'élément du Feu, (tejas) à la lumière et elle déploie l’univers visible dans lequel nous distinguons les formes (rupa) associée à un nom (nama). (texte) Le sens de la vue est le plus intellectualisé des sens, car il est le sens en rapport direct avec la représentation. Mais comme précédemment, il y une différence entre le perce-voir qui perce pour atteindre ce qu’il sait déjà, et le Voir qui ne se sert pas de la vue comme d’un simple moyen au service de la pensée, mais en fait le terrain de son expérience.

 

1) Nous avons vu qu’il y a une différence entre la perception orientée de part en part, via la reconnaissance conceptuelle, et la contemplation qui laisse être le paysage, s’en imprègne, en goûte l’impression. Nous faisions la différence entre la perception habituelle de la vigilance prise sur l’objet et la vision panoramique qui diffuse l’attention dans toutes les directions. Nous avons souligné à de nombreuses reprises que l’intelligence est inséparable du Voir de la lucidité, tout en remarquant aussi que la lucidité impliquait un très haut degré de sensibilité. Enfin, il nous est apparu que l’expérience esthétique dans sa forme la plus pure n’est pas un simple sous-produit du savoir, mais relève du pur sentiment que communique la présence d’une œuvre.

 

Nous devrions donc maintenant être à même de comprendre que l’expérience que nous livre le sens de la vue n’est pas, contrairement à ce que soutient l’intellectualisme, toute d’un seul tenant et qu’elle comporte une infinité de degrés et la possibilité d’un raffinement depuis le niveau le plus grossier que peut appréhender la vue, vers des niveaux plus subtils. La position de l’intellectualisme, qui ne retient que la perception conceptualisée et nie la possibilité de la sensation, de la profondeur sensible du monde est en réalité le reflet de notre manière habituelle de percevoir et rien d’autre. Nul besoin d’aller chercher ici une quelconque position philosophique. C’est d’une banalité très commune. Mais il faut bien reconnaître que c’est aussi celle du penseur avec ses exemples : le cube d’Alain, (texte) le coupe-papier de Sartre, la table de Husserl (texte). La perception pour autant qu’elle est le lieu d’une identification conceptuelle parfaitement définie. La pensée est très à l’aise avec le sens de la vue parce qu’elle y met les distinctions, les découpures nettes du concept. Si nous observons attentivement la qualité de notre rapport avec la perception au moyen de la vue, nous verrons tout de suite qu’elle est en grande partie téléguidée par l’intellect. C’est tout simplement humain. C’est notre état de conscience habituel. Ce n’est que très rarement que nous mettons entre parenthèses la cavalcade continuelle de nos pensées pour nous laisser prendre au charme d’un paysage, pour nous laisser toucher par la vie des couleurs, la danse des formes. Il faut dire aussi que le conditionnement ambiant par l’image (texte) abîme beaucoup le sens de la vue. Il détruit la pose nécessaire à l’attention. Il entretient une agitation de la pensée nuisible à l’empreinte sensible de ce qui est. Il crée une bulle dont nous ne sortons presque jamais. (texte) Comme dit Bergson, nous croyons voir et en fait nous nous bornons à reconnaître. Nous ne sommes pas ému. La plupart des hommes passent leur vie dans une sorte d’atonie sensible qui implique au niveau du sens de la vue une sorte de voile gris jeté sur les choses. En fait ils ne voient que leur propre grisaille intérieure parfois déchirée en un éclair par un joli sourire (et c’est à ce moment là que l’on tombe amoureux). Le monde visible est émouvant, parfois déchirant dans ses contrastes entre laideur et beauté. Quand il est spectacle de la Nature, il est souvent magnifique et d’une puissance prodigieuse (texte).

 

Et pourtant d’ordinaire nous n’y faisons pas attention. Nous ne voyons pas la beauté de la Terre. (texte) Or c’est seulement l’embrasement de la beauté qui touche en plein cœur et soulève l’élan de l’amour. Un seul moment de plénitude éprouvé aux cimes d’une montagne devant l’immensité d’un paysage fait bien plus pour l’amour de la Terre que des heures de leçons sur l’écologie. Cette richesse-là n’est pas de seconde main et si les hommes étaient doués d’une vue beaucoup plus libre et d’une très haute sensibilité, nul doute qu’ils se comporteraient de manière totalement différente dans leur rapport au monde. L’irresponsabilité, la cruauté, la bêtise et l’indifférence ont partie liée avec une affligeante insensibilité.

 

2) Nous n’apprenons pas à nos enfants, à nos étudiants à voir, à observer. Il suffirait pourtant de peu de choses pour communiquer davantage d’éveil au sens de la vue. Ce n’est qu’affaire d’attention renouvelée à chaque instant. Krishnamurti ne cesse de le répéter : « observez, observez, observez tout le temps ! » Ce que l’être humain comprend à partir d’une observation directe entre bien plus aisément dans le registre de la connaissance que ce qu’il peut apprendre par le raisonnement et l’analyse. L’observation continue maintient la relation avec ce qui est, renforce l’autonomie de l’intelligence et entretient sa clarté. Le sens de l’observation invite à la question juste, il nourrit le sens du réel et communique son appui au bon sens. Tout enseignant fait cette expérience : les questions les plus pertinentes viennent toujours des étudiants qui sont très observateurs. Qui ont une vision globale. Coupé de l’observation, l’intellect risque toujours de vouloir discuter pour discuter, de couper les cheveux en quatre, de théoriser à vide, de rationaliser ce qui devrait être au lieu de répondre à ce qui est. Le contact avec ce qui est réduit l’entrée en scène de l’ego. Il implique l’ouverture du champ de la perception et la présence au sein de la perception. Il inscrit toute communication avec autrui dans notre monde commun. Celui qui nous est offert au niveau des sens. .Ainsi, la lucidité ne peut pas vraiment être détachée de la vision, de sorte que dans la lumière de l’intelligence, la plus haute lucidité est en même temps insight, vision en profondeur.

 

Il y a des gens qui se disent très « visuels », comme d’autres se prétendent très « auditifs ». On entend par là une prévalence esthétique pour la peinture, ou la sculpture chez les premiers, pour la musique pour les seconds. Mais un sens n’en remplace pas un autre et tous méritent d’être développés. Le sens de la vue ne peut être négligé, sans qu’il y ait péril, car il fournit un appui essentiel à l’intuition. On peut sourire des intellectuels au café capables de d’argumenter sans fin sur la prise de conscience et qui ne prêtent pas la moindre attention à la confrontation qui se déroule quelques tables plus loin. Pourtant la résonance est là dans la perception. Il suffit de Voir et le voir a une importance considérable car à cet instant et par tous nos sens, la réalité nous interpelle. (texte) La réponse dans l’instant à ce qui est suppose qu’il n’y ait pas de césure entre ma conscience et le monde. Or cette coupure est entretenue quand l’esprit est transi dans la pensée, quand il ratiocine indéfiniment et perd tout contact avec le champ immense de la vision. Le plus étrange, c’est que nous vivons dans une culture qui entretient cette séparation. Nous construisons au fil des ans un mur entre notre expérience du visible et celui de la pensée. Il y a l’artiste qui joue avec la plastique des choses, ne se préoccupe que de l’effet et n’a pas d’appréhension globale dans le retrait de l’intelligence. Il y a l’intellectuel savant en exil dans la sphère de la théorie, des idées, des représentations et qui ignore ce qui se passe autour de lui et mange au restaurant dans des concepts sans prêter attention à ce qu’il a dans l’assiette. Il y a l’homme pratique pressé d’atteindre son but et dont le regard va de la montre au planning, du panneau de circulation à la prochaine voiture qu’il faut doubler, d’un signal à un autre et pour qui rien d’autre n’existe que dans la pensée attelée à la tâche. Pas le temps de voir. (texte) Et pourtant, au bond de la route, les couleurs de l’automne sont magnifiques, toute une gamme de rouges éclatants s’étale dans les bois. Une brume légère enveloppe la colline. La vision s’étend, l’horizon est immense et mystérieusement, chaque chose semble à sa place. Il y a en toute chose une présence. (texte) Mais bien sûr, cela ne compte pas, il y a toujours quelques problèmes plus importants à penser. Qui maintienne dans la tête. Ce qui dispense de voir. C’est pour cette raison que le regard des passants dans la rue a l’air éteint. (texte) Une absence caractéristique au monde perçu. Une extinction de la lumière de la vision. Du coup plus rien n’a de présence, plus rien n’a de couleur, plus rien n’a de vie et il n’y a plus qu’un arrière plan flottant dans le gris de mornes pensées. Qui est attentif et qui sait observer ?

 

D. Du goût et des saveurs

Le goût est la qualité essentielle de l’Elément Eau, (apas) il se trouve dans la langue qui est également l’organe de la parole. Il est un de nos sens les plus communément négligé. S'il était plus développé, par exemple, nous sentirions immédiatement qu'une nourriture est dévitalisée et si nous avions simultanément la sensation globale qui est portée par un goût raffiné, nous pourrions sentir une répulsion dans le corps. L'insensibilité du goût se traduit aussi par l'inaptitude à reconnaître une palette riche de saveurs, ce qui implique une manière assez frustre de se nourrir dans laquelle domine surtout sucré et salé. L’Ayur-veda conseille d'être attentif non seulement à l'impression immédiate éprouvée dans le goût, mais aussi à l'ambiance du lieu, à l'aspect, aux couleurs, à l'odeur, à la réaction globale du corps. Au niveau subtil, le goût rejoint les quatre autres sens et une intelligence du corps accompagne la sensation globale. C’est elle qui dit de manière subliminale qu’une chose est bonne ou mauvaise. Ce dont la pensée est incapable.

 

1) La plupart du temps, l'immixtion de la pensée dans le goût consiste dans le fait de détourner l'attention depuis ce que nous mangeons vers une autre macération, toute mentale celle-là, de nos réflexions et de nos problèmes. « J'ai beaucoup de choses importantes à penser...! » et du coup je suis absent à ce qui est, et même à ce qui est… dans l'assiette. Complètement identifié à mes pensées, je n'apprécie plus rien… J'avale. Ce que font la plupart des gens. Il suffit d’observer pour s’en rendre compte. C’est l’atonie de la conscience normale que nous entretenons par la restauration rapide.

 

Plus étrange encore : la pensée est capable de créer une suggestion dans le goût, par exemple dans la satisfaction snob, qu'un plat est forcément « excellent » parce qu’il est l’apanage d’un standing élevé. On peut se convaincre qu'une chose est bonne parce qu'elle est un luxe... alors que si nous écoutions notre corps, il nous dirait tout le contraire ! L’attention est encore identifiée à la pensée, elle n’est pas dans la sensation. Ainsi, la sophistication du concept est capable de s’introduire là où on l’attendrait le moins, au niveau gustatif ! Notons aussi que nous disons avoir du goût en matière esthétique, quand est présente une sensibilité élevée à la forme dans l’art. Mais il est possible de dénaturer le goût en mettant à sa place les complications du concept, ou un savoir historique et technique, là où il n’y a aucune sensibilité, aucune émotion esthétique. C’est ce qui fait dire à Pascal qu’il y a une vanité de la peinture. La même chose peut se produire au niveau du goût cette fois-ci gustatif. Qu’il y ait une dénaturation du goût peut s’entendre dans ce que le mot goût désigne car il ne peut avoir un sens que s’il y a une véritable expérience, une découverte même. Ce n’est pas un hasard si le terme de « goût » est emprunté de la relation de la bouche aux aliments et employé aussi dans le domaine de l’esthétique. Goûter c’est apprécier le rasa, la saveur, la sentir se répandre dans la bouche dans milles éclats. Apprécier de manière esthétique, c’est en éprouver la résonance et se laisser porter par les harmoniques de la beauté, par le charme d’une présence. Si c’est la pensée qui prescrit ce qui doit être senti, ce n’est plus de l’émotion, ce n’est plus une sensation. C’est un concept et un concept n’est qu’une forme. On peut donc sans contradiction être très sophistiqué et en même temps complètement insensible, dans la mesure où la sophistication, c’est toujours du mental. Ce n’est pas le domaine vivant de la sensibilité. De même que la pensée est capable de créer de toute pièce de la peur, elle peut aussi bien créer la réaction associée à « c'est bon », ou « c'est mauvais », « c'est infect ». Le garçon qui a décidé que les épinards « c'est mauvais » peut les trouver délicieux... le jour où c'est sa petite amie qui les prépare!

 

2) Laissons de côté les surimpositions psychologiques. Supposons que pour une fois nous soyons disponibles, présents à ce que nous mangeons. Nous rendrons alors au goût sa réceptivité et nous verrons qu'il est un royaume à lui seul, au même titre que les dimensions de l'espace pour la vue. En cuisine, on parle d'avant-goût et d'arrière-goût. La variété des saveurs est au niveau du goût est comparable au feu d'artifice des couleurs et aux nuances multiples des parfums.

 

La variété présente dans le goût n’est pas seulement affaire de notre subjectivité personnelle et de ses préférences. Les saveurs sont en rapport étroit avec la Nature, le corps et ses fonctions ; elle peuvent les stimuler ou les ralentir et elles sont aussi en relation avec l’activité mentale qu’elles influencent. Ce qui est connu depuis des temps très anciens.

 

L'Ayur-veda distingue dans le goût six saveurs fondamentales. a) La saveur douce ou sucrée Madhura rasa (comme dans le miel et les fruits) est liée à la Terre et l'Eau, elle est de nature froide et rafraîchissante. Le doux et rattaché à l’amour et l’attachement. Il calme et apporte une sensation de plaisir. En excès, il donne un développement anormal des tissus, ralentit le fonctionnement du corps, donne de la lourdeur et un sommeil excessif. b) La saveur acide ou aigre, Amla rasa, (comme dans les tomates et les prunes acides) est liée à la Terre et le Feu. Elle stimule le feu digestif et aiguise l’appétit. L’acide est rattaché à l’envie et au ressentiment. En excès, il augmente la soif et ronge. c) La saveur piquante, katu rasa, (comme dans les piments et le gingembre) est liée à l'Air et au Feu, elle est de nature chaude et échauffante. Elle assèche l’humidité des aliments. Le piquant est rattaché à l’hostilité et la haine. En excès, il augmente la chaleur interne et brûle. d) La saveur salée, lavana rasa (comme dans le poisson et les crustacés) est liée des éléments Feu et Eau, de nature chaude et échauffante. Elle renforce le corps en pénétrant les tissus. Elle améliore la perception gustative. Le salé est rattaché à l’avidité. En excès, il retient l’eau et provoque une hypertension. e) La saveur amère tikta rasa (comme dans l’absinthe) est liée à l'akasha et l'Air. Elle est froide et rafraîchissante. Elle rehausse les autres saveurs. Elle tend à clarifier l’esprit. En excès, elle assèche et diminue la perception du goût. f) La saveur astringente, kashhya rasa, (comme dans les lentilles et les haricots) est liée à l'Air et la Terre. Elle est de nature rafraîchissante et provoque un effet de contraction, d’absorption. L’astringent est lié à l’aptitude à la réflexion. En excès, il provoque des obstructions et la sécheresse.

 

Une nourriture raffinée doit être saine, bien choisie, prise dans le calme et dans un lieu agréable. Elle doit comporter les six saveurs. D’autre part, la nourriture est aussi médicament et l’Ayur Veda conseille de privilégier certains goûts en fonction de la constitution physique de la personne et de ses déséquilibres actuels. On utilise les épices pour modifier les principes métaboliques appelés doshas. Ainsi, une personne de constitution fortement charpentée, kapha, devrait réduire le salé et augmenter le piquant. Une personne de constitution vata se sentira mieux en privilégiant le sucré etc. Dernier point : la corrélation entre la qualité de la nourriture et la qualité de l’éveil est importante. Il existe des précisions remarquables dans ce sens dans les textes anciens. Un régime qui comporte trop de tamas (inertie) alourdit la conscience. On appelle régime sattvique le régime approprié pour qui pratique le yoga, le régime favorable à l’expansion de conscience.

 

Ce qui est important dans ce système, c’est qu’il réconcilie deux points de vue que nous opposons souvent en occident, celui de la diététique (sain… mais austère le plus souvent du point de vue du goût !) et celui de la gastronomie (agréable mais… fortement calorique !). Le goût, vu de cette manière, est décrit comme une expérience, mais se prolonge dans une connaissance. Il est aussi tout à fait admissible de parler d’une esthétique du goût qui ne relève pas d’expérimentations plus ou moins arbitraires, mais nous ramène à l’incarnation dans la dimension spirituelle de l’homme.

 

E. L’odorat, sens de la Terre

L’odeur de l’humus nous remet sur pied dans la relation à la Terre. L’odorat est la qualité essentielle de l’Elément Terre (prithivi), l’odeur et le parfum rencontrent ce qui constitue la matière. Le parfum a en quelque sorte la dimension primale de la sensualité terrestre. Le caractère apparemment frustre et organique de l’odorat fait qu’il a souvent été rejeté. Par la religion et la morale tout d’abord, parce que la sensualité éveillée par l’odeur serait sensée appeler l’animalité en l’homme. L’odeur et le parfum sont trop charnel et inviteraient à ce que Saint Augustin appelle la « concupiscence » et le péché. Les philosophes ont aussi eu tendance à déconsidérer le sens de l’odorat, car c’est le sens le moins intellectuel et le moins représentatif. Mais le discrédit de l’odorat est très injuste, car il ne prend pas en compte toute la richesse sensible qu’il nous découvre. Comme précédemment, nous pouvons dire qu’il existe un niveau subtil de l’odorat, mais qui est très peu pris en compte et très peu éveillé chez la plupart d’entre nous.

 

1) Il est intéressant de noter que dans son Traité des Sensations, pour tenter de comprendre l’apparition de la vie subjective, débute par l’odorat. Condillac invente la fiction d’une statue qui naîtrait à la conscience à travers le sens de l’odorat au moment où on approcherait d’elle une rose. Cette forme très primitive de conscience serait bornée à la seule sensation, sans aucune trace de représentation ou de concept, sans même l’idée d’une dualité intérieur/extérieur.

 

« Les connaissances de notre statue, bornée au sens de l’odorat, ne peuvent s’étendre qu’à des odeurs. Elle ne peut pas plus avoir les idées d’étendue, de figure, ni de rien qui soit hors d’elle, ou hors de ses sensations, que celles de couleur, de son, de saveur.

 

Elle n’est par rapport à elle que les odeurs qu’elle sent. Si nous lui présentons une rose, elle sera par rapport à nous, une statue qui sent une rose ; mais par rapport à elle, elle ne sera que l’odeur même de cette fleur ».

 

L’odeur des sous bois mouillé de pluie est une atmosphère et non pas un objet, elle est un je ne sais quoi insaisissable et éphémère qui ne fait que flotter. Or ce sont exactement les caractéristiques de la phénoménalité. Le domaine du relatif est dans sa nature même un flux mouvant dans lequel nous pouvons découper des objets et il est aussi par nature voué au changement, de l’apparition, au maintient, puis à la disparition. Tout phénomène n’est qu’un flottement temporel sur l’océan de l’Etre. L’odeur implique une manifestation phénoménale, dans sa donation qualitative, avec son caractère diffus. Elle est l’épa­nouissement d’une présence sensible et la disparition du phénomène vers sa fin. L’odeur nous rappelle l’évanescence de toute existence, que toute existence est une exhalaison, une respiration temporelle qui ce maintient puis s’en va vers la mort. Les créations de la Nature les plus éphémères, les fleurs ont pour elle leur beauté splendide et… la flagrance du parfum. (texte)

 

L’odeur est entièrement qualitative et subjective et elle l’est tellement qu’elle n’entre que difficilement dans des concepts permettant de la désigner. Il y a bien une sensation dans l’odeur, la sensation est une impression, mais ce n’est pas une perception dont le contenu conceptuel serait objectivable. On peut discuter pour déclarer en terme de vrai/faux si le mur d’en face est oui ou non orange. On ne peut pas le faire pour affirmer si une odeur est oui ou non grasse. L’odorat est un ressenti qui n’exprime pas une pensée, mais n’exprime que lui-même. Ainsi, il n’y aurait guère de sens à dire que les passagers qui descendent de l’avion en terre africaine sentent « la même odeur », car chacun d’eux fait une expérience originale. L’odorat se situe en deçà de l’intentionnalité. S’il nous fallait trouver quelques moyens ramener à la vie une personne égarée dans des pensées folles, il ne serait pas indiqué de la mettre devant un écran de télévision pour qu’elle soit encore sous le coup d’une agitation compulsive de la pensée, (collective cette fois-ci). Nous penserions certainement l’inviter à toucher la terre, mais aussi à respirer l’odeur des pins, le parfum des fougères, ou par exemple, des feuilles de citronnelle quand on les écrase entre ses doigts, ou encore le parfum sublime de la fraise des bois au creux de la main. Le parfum retient et arrête, au milieu de la Nature il ramène vers la Terre, il nous inscrit ici et maintenant. Bien sûr, on peut marcher dans une forêt enfermé dans un train de pensées et ne faire attention à rien. Celui qui est excessivement « dans la tête » peut devenir presque insensible au niveau de l’odorat ; mais ce qui est remarquable, c’est que l’invitation de l’odeur est toujours là, mouvante, constante et très insistante, et il suffit d’un léger espace entre deux pensées pour que la prégnance de l’odeur nous atteigne. C'est un des services que nous rend l'odorat que de nous inviter à sentir là où nous aurions tendance excessivement à penser.

 

2) Il est superficiel de croire que l’odorat est un sens mineur et qu’il a peu à nous apprendre. Il n'est pas fait pour stimuler le concept, mais il entre dans le royaume de la sensation brute. Il y a là une intelligence. En fait, c’est surtout une question de présence dans l’odorat, car seule une immersion profonde dans la présence donne relief et profondeur à l’odorat. Relié au goût et à la vue dans le domaine de la sensation, il est relié à une intelligence qui suffirait souvent à nous protéger de mauvaises surprises. Mais cette intelligence là n’est pas conceptuelle, elle est avant tout instinctive. Il y a une corrélation entre mauvaise odeur et putréfaction ; entre mauvaise odeur et effet de lourdeur et d’inertie dans l’assimilation des aliments. Ce n'est pas vraiment l'intellect qui fait cette corrélation quand elle est vivante. Elle est dans la relation entre le corps et le monde. Si nous étions assez disponible pour nous fier réellement à notre nez, nous saurions prévenir bien des expériences désagréables. Il faut toujours flairer la nourriture avant de la manger dit l'Ayur-Veda et être attentif aux message que nous envoient les sens. Le corps n'est pas si stupide, si « bête » qu'on le dit. En tant qu’être humain, nous n’avons certes pas l’odorat des canidés, mais l’odorat humain est tout de même extrêmement efficace et subtil. Il est possible (sans forcer le jeu de mots) de pressentir à travers l'odorat l'objet, la chose que nous ne voyons pas encore.

 

L’homme s’est dégagé de l’odorat, tandis que les autres espèces sont restées très ancrée dans le système olfactif, parce que l’être humain, sur le plan mental, marche davantage à l’œil et à l’oreille qu’au nez. Le déclin de l’odorat, diront les biologistes, est lié à l’affaiblissement de la pression de la survie. Une fois que l’homme a conquis la maîtrise de la Terre, il tend à privilégier ce qui a fait sa force dans l’évolution, l’apparition du mental et la puissance des créations de l’intellect. D’où la tendance, dans une société de plus en plus artificielle, à privilégier le visuel et l’auditif, les deux sens les plus liés à la pensée. L’univers fondé sur la pensée est donc très aseptisé de toute odeur. Le moment où le positivisme proclamait la suprématie du savoir scientifique a aussi été celui où a commencé, avec Pasteur, l’entreprise de l’hygiène rigoureuse. Il fallait stériliser les objets et la nourriture et dans la foulée, traquer les mauvaises odeurs. Un univers mental complètement abstrait serait purifié de tout élément rappelant trop l’incarnation véritable. Ce pourrait être celui du Penseur spéculatif, qui, retiré du monde réel, serait parvenu à s’enclore dans un monde d’idées abstraites. Une sorte d’érudit n’ayant pour territoire que les dictionnaires et les livres et de fanal que celui donné par le langage. Mais attention, il deviendrait aussi ce que nous voyons dans les jeux vidéo ou à la télévision : beaucoup d’images et du bruit, mais pas d’odeur. Un monde purement virtuel, purement mental. L’odorat est ce qui risque de nous sortir du virtuel : si la télévision se met à fumer ou si le plat de nouilles brûle dans la cuisine ! Il nous ramènerait ici et maintenant, alors que plongé dans le spectacle, ce qui nous importe, c’est avant d’être dans un ailleurs. Notre technologie ne sait pas encore synthétiser efficacement le royaume de l’odorat. Elle est encore très au-dessous de ce qui se produit en nous chaque nous dans le monde onirique. Mais elle avance aussi dans cette direction, celle du « cinéma sentant » de Boris Vian. Elle aimerait virtualiser tous les sens et nous plonger dans une quatrième dimension entièrement abstraite et nous couper de toute vie concrète. (texte) Recréer un simulacre de vie dans le monde de l’abstraction.

 

* *

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Nous avons vu que la plus haute vertu de nos cinq sens consiste à nous immerger dans la plénitude vivante du monde sensible. Cependant, la surcouche mentale qui s’y ajoute tisse le plus souvent un voile entre nous et le réel. Dire, comme le pense Bergson, que ce voile est lié à l’adaptation en suffit pas, par contre, dire que la reconnaissance pratique nous met des oeillères est plus précis, mais encore insuffisant. Ce qui est plus exact, c’est d’observer que nous sommes à ce point identifié à nos constructions mentales, qu’elles finissent par téléguider en permanence dans notre perception et c’est la raison principale pour laquelle nous ne sentons rien du monde qui nous entoure (texte).

 

A l’opposé de ce qui est d’ordinaire enseigné dans notre culture, nous dirons que l’humanité pleine et vraie ne s’accomplit pas dans l’hyperconceptualisation théorique, mais dans l’épanouissement complet de l’éveil sensoriel. Un être humain complet est un être humain sensible dans tous les sens du terme. L’éveil sensoriel n’abolit pas l’intelligence, mais la réveille dans la dimension de ce qui est. Il n’existe pas d’opposition entre la lucidité et la plus haute sensibilité. C’est au contraire l’unité entre intelligence et la sensibilité que les sens nous offre, si nous acceptons l’invitation à sentir. Nous avons besoin de vivifier davantage notre incarnation (texte) afin que notre existence soit une continuelle expérience vécue, une découverte d’instant en instant. Nous avons besoin de sentir davantage le rayonnement sensible du corps et son champ d’expérience. Sans le forcer avec des drogues, des stimulants, sans jamais plus l’anesthésier avec un mode de vie mortifère.

 

Philosophie et spiritualité
sergecar.club.fr

 

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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 19:26


Le cerveau humain au XXIème siècle est en plein bouleversement, il est constamment bombardé d'informations dans la sur-stimulation sensorielle du 21 siècle par le multimédia au point de ne plus savoir comment les traiter. Les activités superposées et les temps courts ajoutent des difficultés par un phénomène de zapping nuisible aux études. L'élève doit en plus répondre aux attentes d'un système d'éducation .

Il s'en suit un phénomène comparable à un embouteillage de connaissances sans structure significative. Dans cette architecture cérébrale où circule l'information à haute vitesse, certaines informations transmises sont sans égards à leurs importances respectives, bloquées, retardées, souvent mal classées et pouvant même être effacées ou irrécupérables.

En France, la pression pour imposer les apprentissages intellectuels au dépend des activités de découverte motrice et créatrice. (je rappelle que l'enfant apprend en bougeant c'est à dire avec son corps, le mouvement participe à la fixation des apprentissages.) On accuse facilement le cerveau de l'apprenant d'en être le responsable. On dit de lui qu'il est inattentif, qu'il est hyperactif, qu'il est inadéquat pour apprendre, qu'il faut le soigner et parfois le médicamenter.

Pourtant , le plus souvent, il s'agit d'une panne de la vitalité, du plaisir et du besoin d'apprendre. Cette panne concerne certaines activités ou globale. La source est la plupart du temps des angoisses, des problèmes liés au développement de l'enfant. En fait, le cerveau humain est dans la plupart des cas une pure merveille de haute technologie et il est peut être, utilisé comme une simple calculatrice.


ICI, La sophrologie propose de revisiter le schéma corporel par des pratiques basées sur la répétition ans le calme et la détente.


Le matériel pédagogique attention- concentration sert de courroie de transmission entre l'entrée des informations (attention-mémorisation), les processus cognitifs de traitement et la sortie créative de ces informations.

L' objectif est de proposer à l'apprenant le plus tôt possible de connaître et respecter la structure, de son cerveau et les exercices sophrologiques permettant d'améliorer ses performances. Pour apprendre à bien gérer les fonctions supérieures du cerveau (langage, logique, jugement et planification), il faut s'assurer de l'efficacité des fonctions de base comme l'attention, la vigilance et la mémoire.


a. Qu’est ce que l’attention ?

Ce que l’on perçoit consciemment n’est qu’une petite partie des stimulations que notre cerveau reçoit. Nous recevons, de notre environnement, beaucoup d’informations qui ne sont pas traitées de façon consciente. C’est l’attention qui est chargée de ce traitement. Elle favorise la perception et l’analyse automatique des informations reçues.

L’attention possède deux rôles essentiels :

- Le filtrage : il s’agit d’un mécanisme qui permet d’éviter la surcharge que pourraient causer les nombreuses stimulations du milieu.

  • L’analyse : elle sert à percevoir dans l’environnement, des signes d’importance et des indices de danger sans passer par le traitementconscient de ces informations, ce qui occasionne un gain de temps.


b. Comment fonctionne l’attention ?

L’attention est une mise en disponibilité des canaux sensoriels orientés vers la recherche et l’enregistrement d’informations susceptibles d’être utiles. Tout ce qui provient des émotions et de nos propres pensées est considéré parle cerveau comme le plus important. Il arrive que nous soyons distraits par nos pensées. Entre stimulation extérieure et stimulation intérieure, la stimulation intérieure est privilégiée. Elle sera traitée en premier. Lorsquel’attention ne se tourne plus vers l’extérieur, mais vers l’intérieur, il s’agit de concentration. Il est important de distinguer les deux termes même si le langage courant les confond.Lorsque nous avons l’impression qu’une information peut servir, le cerveau fait porter sur celle-ci toute l’attention. Si nous voyons peu ou pas d’intérêtaux informations, nous cessons presque automatiquement d’être attentifs.Ceci peut se produire en classe.Sont habituellement considérées comme stimulantes toutes les activités qui« bougent », celles qui demandent l’activation de plusieurs sens.Puisque les activités stimulantes sont celles qui demandent l’activation de plusieurs sens, il est capital de varier les activités des élèves, tant du point de vue du type de tâches que du point de vue du contexte dans lequel elles se réalisent. Pour cela il est souhaitable de donner du rythme à son enseignement

La concentration, elle, possède un effet contraire à celui de l’attention : elle diminue la sensibilité à percevoir les informations du milieu. Elle évite d’être distrait par des stimulations autres que celles choisies. On est alors conscient d’une seule chose, en dehors de laquelle il n’existe plus rien. Il peut s’agir dequelque chose d’extérieur ou d’intérieur. Quand l’attention est à son maximum,la concentration est faible et inversement.

 

 


ICI, La sophrologie proposera de travailler la souplesse du passage entre milieu intérieur et milieu extérieur, de l'attention à la concentration ainsi que la conscience des sens et leur stimulation.


La qualité de l’attention est influencée par des facteurs qui déterminent l’efficacité du fonctionnement du cerveau :

- la santé physique: Hygiène de vie - le rythme de vie - la passivité/l’activité mentale : être passif mentalement rend dépendant del’enseignant : sa façon d’écrire au tableau, le son de sa voix, sa rapiditéd’élocution etc..

Sont les symptômes d’un manque constant d’attention :

-oublier ce qui vient d’être dit -se heurter aux objets -manquer d’entrain dans les activités quotidiennes.

Puisque l’on cesse presque automatiquement d’être attentif lorsque on ne perçoit pas l’intérêt des informations, il semble primordial de donner du sens aux activités .

Outre la sensibilisation dles élèves à l’hygiène de vie pour optimiser l’efficacité de fonctionnement du cerveau et le soin apporté par l'enseignant à son comportement, sa voix,ses postures, son élocution, il semble primordial que celui-ci privilégie une pédagogie valorisant la démarche active de l’enfant afin qu’il soit maître de ses propres apprentissages.



ICI, la sophrologie travaillera sur la visualisation, l' intégration des buts et l'appropriation par l'élève des outils permettant de stimuler l' attention



  1. Qu’est ce que la concentration ?

    La concentration est nécessaire au cerveau pour fonctionner de façon efficace lors de résolution de problèmes, d’émergence de souvenirs etc… la concentration favorise l’utilisation de la mémoire et des mécanismes de réflexion pour enregistrer ou faire une recherche d’informations. Laconcentration facilite la comparaison, l’analyse, la synthèse et l’établissement de relations.La concentration possède un rôle essentiel : isoler le cerveau des distractionsextérieures ou intérieures. Elle bloque l’arrivée à la conscience de toutes lesstimulations qui pourraient nuire à l’utilisation des mécanismes mentaux ou deréflexion.

Il y a la concentration immédiate, dont nous avons besoin pour observer avec soin un document, un visage, un événement, un spectacle, un monument, un tableau, et la concentration prolongée dont nous avons besoin pour étudier, apprendre, retenir, rédiger, calculer, penser, réfléchir.

La concentration immédiate demande à être pratiquée à volonté, instantanément et en toutes circonstances. Elle requiert aussi l'aptitude à changer de sujet rapidement.

La concentration prolongée, pour l'étude ou la réflexion, nécessite un entraînement différent.


La volonté ne détermine pas toujours l’attention et l’action. Essayez, par exemple, de marcher sur une poutre placée à quatre mètres de hauteur, même si vous le voulez vraiment, vous n’y parvenez pas d’emblée. Or, si cette poutre se trouve à même le sol, vous n’aurez aucun problème pour marcher dessus. Comment expliquer cela ?
Notre cerveau primitif fait barrage, de manière générale, à toutes les informations, sauf celles qu’il connaît déjà. Il sélectionne  celles qu’il connaît déjà, celles qui correspondent au schéma qu’il a déjà enregistré. Si le souvenir est plaisant, il recherche l’information, sinon, il la rejette. Ce qu’il faut donc, dans ce cas, c’est d’associer aux informations aux informations que l’on désire mémoriser, des idées positives et plaisantes, afin que le cerveau primitif lève le blocage et que la motivation et l’attention se créent pour agir.
Ainsi, l’individu qui maîtrise son cerveau primitif agit sans forcer, mais avec plaisir ; il a alors le sentiment de plénitude, d’autonomie et de liberté créatrice. Il réussit ce qu’il entreprend et renforce le sentiment positif qu’il a de lui. Par contre, une volonté due uniquement au cerveau supérieur se heurte au système limbique. Cela fait naître des conflits, des tensions mentales des frustrations et des refoulements.


ICI, la sophrologie propose de travailler le principe de positivité.


d. Comment fonctionne la concentration ?


La concentration vise donc à diminuer, voire empêcher la réception des informations. Il faut donc activer le cerveau à l’opposé de ce qu’il est habitué defaire de façon automatique : on parle d’effort de concentration.

La durée de concentration : chaque personne possède une quantité d’énergie deconcentration qui lui est propre. La durée de concentration est fonction de :

- l’entraînement: Puisque la concentration n’est pas un mécanisme automatique et qu’elle demande un effort de volonté, elle peut se développer grâce àl’entraînement. (Par exemple en pratiquant des exercices de concentration auditive ou visuelle lors de lectures)

- du degré de familiarité de la tâche : la connaissance et la maîtrise du travail à faire créent des automatismes. Les automatismes permettent d’organiser les informations plus facilement ; l’effort à faire pour seconcentrer en sera diminué.

- du type de tâches à réaliser.

- des conditions du milieu : plus il y a de bruit et de distractions moins il estaisé de se concentrer pendant une durée prolongée.Il est impératif d’aménager des temps de pause entre les périodes de concentration.

Les problèmes de concentration sont essentiellement dus :

- à la fatigue ( il est primordial de respecter les rythmes naturels des enfants)

- au stress

- aux problèmes personnels

  • à l’environnement.


ICI, la sophrologie propose les techniques de réduction du stress, et les techniques concentratives ( retour au corps, respiration, concentration sur objet)



e. Se stimuler avant d’agir

Visualiser des situations de réussite, ou bien se remémorer des situations à connotation positiv et valorisante permet de se convaincre de l'action pour vous adapter à votre but.
Vous pouvez aussi y arriver en vous  donnant des représentations mentales, à ce qui peut vous donner de la confiance...


ICI, la sophrologie propose le travail de visualisation positive et de confiance en soi,


f. La mémoire

Les 3 facteurs qui président à l'enregistrement des idées, des faits ou des données, sont :

1. l'impression - 2. l'association - 3. la répétition

C'est dans cet ordre qu'il faut les mettre en action. Si vous négligez l'un de ces facteurs cela ne vous empêchera pas forcément de retenir. Mais lorsque vous désirez retenir consciemment et durablement quelque chose il est indispensable de suivre le processus complet : impression, association, répétition.

C'est ce qui explique que nous retenons par exemple le nom d'une personne rencontrée à une réunion et que nous n'arrivons pas à nous souvenir du nom d'une autre personne présente à la même réunion. Dans un cas vous avez accordé une attention suffisante à la personne (impression), vous avez peut-être établi dans votre esprit (consciemment ou inconsciemment) certaines associations relatives à cette personne, et son nom a été mentionné plusieurs fois (ou vous l'avez répété intérieurement).

Dans l'autre cas vous n'avez peut-être pas fait suffisamment attention (d'où une impression insuffisante) ou bien vous n'avez fait aucune association ou vous n'avez pas entendu ou répété son nom.

g. Ayez l'ntention et faites attention

La première condition pour bien fixer les impressions est de le vouloir. Pour cela il faut avoir un intérêt réel pour la personne ou la notion dont on veut se souvenir. Vous aurez toujours beaucoup de difficulté à fixer votre attention sur quelque chose qui ne vous intéresse pas. C'est pour cette raison que vous ne vous souvenez pas du nom de gens que vous avez eu l'occasion de rencontrer mais qui ne vous intéressent pas réellement.

De même si vous n'avez pas l'intention préalable de vous rappeler quelque chose, vous risquez de ne pas y prêter une attention suffisante. Cela explique pourquoi vous avez du mal à vous rappeler certaines choses que vous avez vues, mais que vous ne pensiez pas avoir à évoquer ultérieurement.

Vous diminuerez vos risques d'oubli si vous associez en pensée cet appel téléphonique à une image forte. Imaginez-vous un instant en train de téléphoner à votre client et voyez le en train de signer un chèque important en couverture d'une commande. Inversement représentez-vous votre client en colère en train de vous expulser de son bureau en vous reprochant d'avoir oublié de lui téléphoner. Tout cela ne prend en pensée que quelques secondes et pourtant des associations imagées aussi simples que celles-là peuvent améliorer votre mémoire sans aucun effort pénible de votre part.


ICI, la sophrologie propose, pour faciliter le souvenir, d'associer des images mentales fortes et positives



h.Observez bien

Lorsqu'il s'agit de se souvenir, l'attention doit prendre une forme plus précise ; c'est l'observation. Pour bien vous souvenir d'un tableau de maître, il ne faut pas vous contenter d'y prêter une certaine attention. Il faut d'abord s'en faire une idée d'ensemble, puis il faut en étudier les détails.

A partir du moment où il s'agit de retenir quelque chose qui comporte différents éléments ou différents aspects, il y a lieu d'observer. Nous verrons aussi en étudiant l'association que celle-ci nécessite parfois l'observation d'éléments autres que la notion ou l'objet à retenir lui-même.

Pour apprendre à mieux observer, entraînez-vous à examiner les choses sous leurs différents aspects et en vous servant de tous vos sens : regardez l'allure générale et la couleur, touchez, sentez, goûtez, écoutez, examinez le poids, le volume, analyser la dureté, etc. Plus vous mettez de sens en action, plus vous vous souviendrez aisément.


ICI, la sophrologie propose le travail sur les cinq sens, et le travail sur la souplesse mentale entre l'observation du détail et la globalisation.



L'association est à la fois indispensable pour la fixation des souvenirs et pour leur rappel ultérieur.C'est pourquoi plus une mémoire fonctionne, plus elle est efficace. Plus vous avez de souvenirs dans votre mémoire, plus il vous est facile de créer une association entre la chose nouvelle à retenir et une donnée enregistrée antérieurement.

Les souvenirs et les informations déjà gravés dans votre mémoire vous aident à y accrocher de nouvelles connaissances : c'est la raison pour laquelle, plus vous avez de choses en tête, et plus il vous est facile d'en mémoriser d'autres.


ICI, la sophrologie propose un travail stimulant les différentes mémoires

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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 14:13

Depuis les années 90, plusieurs enquêtes étudient l'influence des conditions de travail sur la santé mentale, illustrant la prise en compte de cette thématique. La Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs salariés reconnaît le caractère professionnel des traumatismes psychologiques , s'ajoutent de nouveaux articles dans le code du travail visant le harcèlement moral dans les entreprises dont la responsabilité de l'employeur non seulement physique mais également mentale des salariés de l'entreprise prise en compte des évolutions récentes: mondialisation et tension des marchés, intensification de la charge de travail, flexibilité maximale, développement du secteur des nouvelles technologies de l'information et de communication (NTIC), essor des activités du secteur tertiaire, etc. Ainsi, plus d'un travailleur sur deux travaille dans l'urgence ; plus d'un sur trois dit appliquer strictement les consignes ou reçoit des ordres contradictoires. Pour un travailleur sur trois également, les relations dans le travail sont source fréquente de tensions. Enfin, le sentiment de responsabilité, vis-à-vis de son travail, concerne de plus en plus de travailleurs.

 

Facteurs de stress liés au contexte professionnel, cinq grandes catégories de facteurs professionnels:

- Facteurs liés à la tâche, c'est-à-dire au contenu '

- Fortes exigences sur la charge de travail, rendement, pression temporelle,masse d'informations à traiter, …)

- Fortes exigences qualitatives (précision, qualité, vigilance, …)

- Caractéristiques de la tâche (monotonie, absence d'autonomie, répétition,fragmentation, …)

Risques inhérents à l'exécution même de la tâche (ex : erreur médicale fatale duchirurgien)

 

Facteurs liés à l'organisation du travail:

- Absence de contrôle sur la répartition et planification des tâches dans l'entreprise

- Imprécision des missions confiées (Qu'attend-on de moi ? Comment dois-je m'y prendre ? Sur quelle base serai-je évalué(e) ? )

-Contradiction entre les exigences du poste (Comment faire vite et bien ? Qui dois-je satisfaire : le client ou le respect de quotas ? )

-Inadaptation des horaires de travail aux rythmes biologiques, à la vie sociale et familiale

-Nouveaux modes d'organisation (flux tendu, polyvalence, …)

- Instabilité des contrats de travail (contrat précaire, sous-traitance, …) Etc.

 

Facteurs psychosociaux (liés aux relations de travail) :

- Manque d’aide de la part des collègues et/ou des supérieurs hiérarchiques

- Management peu participatif, autoritaire, déficient, …

- Absence de reconnaissance du travail accompli Etc.

 

Facteurs liés à l'environnement physique et technique

Nuisances physiques au poste de travail (bruit, chaleur, humidité, …)

Mauvaise conception des lieux et/ou postes de travail (manque d’espace, éclairage, …) Etc

 

Facteurs liés à l'environnement socio-économique de l'entreprise 
Surenchère à la compétitivité sur le plan national ou international

Mauvaise santé économique de l’entreprise ou incertitude sur son avenir Etc.

 

 Selon les situations de travail, ces facteurs de stress ont une importance variable et peuvent interagir entre eux, en se neutralisant ou au contraire en se renforçant.

 

Plusieurs modèles de stress proposent une explication du stress au travail, en croisant deux types de facteurs de stress : La demande psychologique, associée aux contraintes liées à l'exécution de la tâche (quantité, complexité, contraintes de temps, etc.) la plus ou moins grande autonomie dont on dispose dans l'organisation des tâches et la participation aux décisions, et d'autre part l'utilisation de ses compétences : possibilité d'utiliser ses qualifications, capacité à développer de nouvelles compétences.

 

Le croisement de ces deux caractéristiques permet de définir quatre types de situations de travail

La situation exposant le plus au stress est celle qui combine à la fois une demande psychologique élevée et une faible latitude décisionnelle.

L'absence de contrôle que la personne pense avoir sur sa situation et le soutien social au travail (soutien socio-émotionnel et technique) de la part des collègues et des supérieurs hiérarchiques, sont très important dans l'apparition d'un état de stress.

 

Le stress peut survenir en plusieurs circonstances:

- lorsqu'il y a non ajustement entre : les capacités d'une personne et les exigences de la tâche, les besoins de la personne et ceux pouvant être satisfaits par le travail (récompenses).

 

- lorsqu'il y a déséquilibre entre les efforts qu'une personne consent à fournir dans son travail et les récompenses qu'elle en reçoit en retour. [efforts externes: contraintes de temps, interruptions, responsabilités, heures supplémentaires, charge physique, augmentation de la compétitivité et hostilité latente, efforts internes: impatience, besoin d'approbation, irritabilité disproportionnées, incapacité à s'éloigner du travail, Récompenses: les gains monétaires (salaires, primes, etc.), l'estime reçue de la part des collègues et des supérieurs et le degré de contrôle sur son statut professionnel (perspectives de promotion, sécurité de l'emploi, …)]

La personne ressent du stress lorsqu'elle perçoit un déséquilibre entre les contraintes imposées par son environnement et ses ressources pour y faire face.

 

 

Le modèle transactionnel (également nord-américain) proposé par Lazarus et Folkman (à partir de 1984) met l'accent sur les processus d'évaluation de la situation, c'est-à-dire sur l'activité mentale (cognitive) de la personne en situation de stress. Il est utilisé dans le domaine de la recherche en psychologie sur le stress au travail. Cette activité cognitive est schématisée et commentée ci-dessous.

 

Question que la personne se pose:

La situation comporte-t-elle un enjeu pour moi ?est-ce :

Une perte ? Une menace ? Un défi ? Il s'agit du stress perçu (ou évaluation primaire).

Que puis-je faire ? M'est-il possible d'intervenir, de changer quelque chose à la situation, compte-tenu de mes ressources ? Il s'agit du contrôle perçu (ou évaluation secondaire).

Cette appréciation personnelle de l'enjeu et des ressources permet à la personne d'orienter ses réponses. On parle alors d'ajustement au stress (vers la résolution du problème et/ou vers la gestion des émotions engendrées par le stress)

 

Caractéristiques individuelles associées au stress

 

 

Il a notamment été rapporté que les personnalités dites de "type A", caractérisées par une extrême compétitivité, un grand désir de réussite, et une fréquente agressivité et impatience, étaient plus exposées au stress professionnel et plus fréquemment victimes de problèmes de santé. Toutefois, les études récentes n'ont pas confirmé ces résultats.

 

Des facteurs de personnalité interviennent dans la survenue du stress, l'instabilité émotionnelle (ou névrosisme, prédisposition à la détresse psychologique).

 

Mécanismes physiologiques du stress: tout au long de notre vie, nous mémorisons les situations stressantes (comme par exemple la confrontation à une désapprobation majeure d'un supérieur hiérarchique) mais également les réactions biologiques qu'elles ont engendrées. Face à une situation que nous associons à une expérience passée, nous répondons, sur le plan biologique, par une stimulation hormonale d'une intensité et d'une durée influencées par celle précédemment mémorisée.

 

Face à un stimulus stressant, l'organisme réagit en trois phases :

 

Phase 1 : Réaction d'alarme: des hormones sont libérées par l'organisme (système sympathique), la fréquence cardiaque, la tension artérielle, les niveaux de vigilance, la température corporelle augmentent et provoquent une vasodilatation des vaisseaux des muscles. Toutes ces modifications ont pour but de préparer l'organisme au "combat ou à la fuite".

 

Phase 2 : Résistance: Si la situation stressante persiste, l'organisme entre en phase de résistance.L'organisme se prépare aux dépenses énergétiques que nécessitera la réponse au stress. De nouvelles hormones sont sécrétées : elles augmentent le taux de sucre dans le sang pour apporter l'énergie nécessaire aux muscles, au cœur et au cerveau, en y maintenant un apport constant en glucose, la quantité libérée dans le sang est détectée par des récepteurs du système nerveux central qui adaptent la sécrétion. Il s'agit là d'un système autorégulé.

 

Phase 3 : Epuisement: Si la situation stressante se prolonge encore ou s'intensifie, les capacités de l'organisme peuvent être débordées. L'organisme entre dans une phase d’épuisement caractérisée par une hyperstimulation de l'axe corticotrope : l'autorégulation devient inefficiente, les récepteurs du système nerveux central deviennent moins sensibles aux glucocorticoïdes lesquels augmentent constamment dans la circulation. L'organisme est alors submergé d'hormones activatrices pouvant nuire à la santé.

 

Apparition de symptômes divers dans la phase d'épuisement:

Symptômes physiques: Douleurs (coliques, maux de tête, douleurs musculaires, articulaires, etc.), troubles du sommeil, de l'appétit et de la digestion, sensations d'essoufflement ou d'oppression, sueurs inhabituelles, etc.

Symptômes émotionnels: Sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes ou de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être, etc.

Symptômes intellectuels: Perturbation de la concentration nécessaire à la tâche entraînant des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions, etc.

Symptômes comportementaux: Modification des conduites alimentaires, comportements violents et agressifs, isolement social (repli sur soi, difficultés à coopérer), etc.

Ces symptômes ont des rercussions gênantes qui amènent les personnes à recourir à des produits calmants ou excitants (café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques, etc.)

 

Si la situation stressante se prolonge dans le temps et/ou si elle est très intense, l'organisme s'épuise. Les différents symptômes s'aggravent et/ou se prolongent entraînant des altérations de la santé qui peuvent devenir irréversibles.L'état de stress devient alors permanent,différents symptômes apparaissent tels que l'obésité abdominale, la résistance à l'insuline (qui peut évoluer vers un diabète), l'hypertension artérielle, des perturbations du métabolisme des lipides. Ces perturbations métaboliques sont, en outre, des facteurs de risque pour le système cardiovasculaire, risque accru de maladies coronariennes et même de décès par maladies cardio-vasculaires

 

La dépression et l'anxiété ont été largement explorées dans des situations de stress au travail. Des études ont mis en évidence qu'une forte demande psychologique au travail, associée à une faible latitude décisionnelle et à un faible soutien social au travail (manque d'aide ou de soutien de part des collègues ou des supérieurs), étaient prédictifs de dépression, autant chez les hommes que chez les femmes. Les problèmes d'anxiété sont également plus fréquemment retrouvés en cas de situations stressantes prolongées.

Les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur sont de plus en plus souvent rapportés à une combinaison de risques : sollicitations biomécaniques au travail (résultant de mouvements répétitifs), mais aussi manque de soutien social ou insatisfaction dans le travail.

La diminution de la résistance aux infections ou l'apparition de maladies immuno-allergiques telles que l'asthme, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux et la colite ulcérative ont également été rapportés à des situations stressantes prolongées. Toutefois les mécanismes en jeu ne sont pas clairement identifiés.

D'autres pathologies ont fait l'objet de travaux mais les résultats ne permettent pas de conclusions définitives. Il s'agit de l'ulcère gastro-duodénal, des colites fonctionnelles, du cancer, des désordres hormonaux (de la thyroïde ou des sécrétions androgènes ou oestrogènes) ou de certaines pathologies de la grossesse (prématurité, infertilité).

 

Coût du stress en EUROPE

 

Les répercussions du stress au travail sont en général jugées néfastes pour la santé des travailleurs et coûteuses pour la société, et touchent toutes les catégories de travailleurs.

 

Le coût du stress pour la société dans quelques pays européens;

coût pour la société de tous les problèmes de santé liés au travail: 2,6 à 3,8% de leur PIB, soit 185 à 269 milliards d’euros par an pour l’ensemble des quinze (précédents) Etats membres.Si l’on part de l’hypothèse qu’au moins 10% de ces coûts ont un rapport avec le stress lié au travail, on obtient un coût du stress d’origine professionnelle d’environ 20 milliards d’euros par an.De plus, le stress serait à l’origine de 50 à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues.

 

*Au Royaume-Uni, une étude de 1992 estime que la moitié des journées de travail perdues est imputable directement ou indirectement au stress au travail. Cela se traduit par une perte de 180 millions de journées de travail et un coût pour les entreprises de 8 milliards de livres sterling (plus de 11 milliards d'euros) lié au stress dont l'origine est dans les conditions de travail (Sigman, 1992)

*Dans les pays scandinaves, une étude de 1996 montre que les maladies cardio-vasculaires dues au stress (conjonction de fortes exigences et faible autonomie du travail, voir le modèle de Karasek) représentent 4% du coût des accidents du travail et maladies professionnelles. En valeur absolue, la facture s'élevait en 1992 à 177 millions d'euros pour la Suède et 125 millions pour le Danemark (Lunde-Jensen et Levi, 1996).

De prime abord, ces chiffres peuvent sembler relativement modestes, mais ils ne concernent que les maladies imputables à un facteur de stress particulier, il en existe beaucoup d'autres (bruit, travail de nuit,...).

Une autre étude menée en Suisse en 2001 évalue un coût du stress d’origine professionnelle entre 2,9 milliards d’euros et 9,5 milliards d’euros (Ramaciotti et Perriard, 2001). Ces coûts très élevés (pour la fourchette haute) s’expliquent par la méthodologie retenue : l'étude intègre l'ensemble des coûts tangibles et intangibles liés au stress. Ainsi il est demandé à l'individu d'attribuer la valeur, exprimée en unités monétaires, aux souffrances et pertes de bien-être que le stress lui occasionne.

 

Le coût du stress au travail en FRANCE

 

L’étude réalisée en France pour estimer des coûts du stress au travail, pour l’année 2000 (Béjean, Sultan-Taïeb, Trontin, 2004), adopte une démarche similaire à celle retenue pour les pays scandinaves (Lunde-Jensen et Levi, 1996).

Le facteur de risque retenu pour cette estimation française est l’exposition à la situation de « travail surchargé » telle que définie par le modèle de Karasek. Cette situation de travail combine une forte demande psychologique et une faible latitude décisionnelle, engendrant une tension psychologique au travail (job strain).

 

Le croisement des proportions de cas attribuables et des données de coûts pour chaque pathologie permet alors le calcul a minima du coût du stress d’origine professionnelle. Par précaution, les valeurs basses sont systématiquement privilégiées dans le calcul, mais des hypothèses hautes sont également appliquées.

 

Appliqué à la France pour l'année 2000, le modèle montre que, sur une population active de 23,53 millions de personnes, 220 500 à 335 000 personnes (1 % à 1,4 %) sont touchées par une pathologie liée au stress professionnel. Selon les hypothèses posées (basses ou hautes), le coût social du stress au travail est compris entre 830 et 1656 millions d'euros, ce qui équivaut à 10 à 20 % des dépenses de la branche Accidents du travail / Maladies professionnelles de la Sécurité sociale.

 

Aspects législatifs et réglementaires

 

Depuis 1991, en application de la directive-cadre européenne 89/391, la loi définit une obligation générale de sécurité qui incombe au chef d'établissement (article L.230-2 du Code du travail). Cette obligation générale repose sur une approche globale de la prévention des risques professionnels. A l'inverse de l'approche réglementaire qui avait prévalu avant les années 1990, il ne s'agit plus de rechercher la conformité à des obligations précises mais d'obtenir le résultat attendu (garantir la sécurité et la santé physique et mentale des salariés).

 

En France, il n'existe pas de réglementation spécifique à la prévention du stress au travail. Toutefois, sur la base de l'approche globale de la prévention des risques professionnels qui prévaut depuis 1991, l'absence de réglementation particulière relative à un risque spécifique n'induit pas un droit à l'inaction.

 

Pour organiser la prévention du stress en entreprise, le chef d'entreprise peut donc s'appuyer sur les principes généraux de prévention qui peuvent guider son action quels que soient les risques. Parmi ces principes (article L.230-2 du Code du travail), figurent notamment la nécessité : d'adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail, ainsi que le choix des équipements de travail et méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur l'homme.

de planifier la prévention en y intégrant dans un ensemble cohérent la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment en ce qui concerne les risques liés au harcèlement moral, tel qu'il est défini à l'article L.122-49.

 

Pour mettre en œuvre sa stratégie de prévention, le chef d'établissement doit pouvoir recevoir l'appui et le conseil du service de santé au travail.

 

En dehors des dispositions générales et des réglementations particulières, une autre voie d'action a été explorée. Il s'agit de l'accord cadre européen sur le stress au travail, signé par les partenaires sociaux le 08 octobre 2004. Cet accord attire l'attention sur les risques liés au stress et sur les mesures susceptibles d'être mises en œuvre pour prévenir ces risques. Cet accord engage contractuellement les partenaires mais ne crée aucune obligation réglementaire nouvelle.

 

 

 

Evaluation et prévention du stress: Un cadre général

 

La prévention du stress s'inscrit dans la démarche globale de prévention des risques professionnels (articles L. 230-2 et R 230-1 du code du travail), utilise des méthodes adaptables aux différentes situations des entreprises et nécessite le concours des acteurs de la prévention des risques professionnels, internes et externes à l'entreprise (chef d'entreprise, CHSCT, infirmière du travail, ingénieur de sécurité, médecin du travail, agents de la CRAM, inspecteur du travail, …).

 

 

Des conditions nécessaires: une démarche de prévention du stress au travail peut être mise en œuvre dans une entreprise ou un établissement à partir du moment où un ensemble de conditions vont être réunies ou respectées :

1 l'entreprise (la direction, le CHSCT, …) doit s'engager dans une démarche complète inscrite dans le long terme, afin d'éviter des diagnostics sans suite.

2 il est nécessaire que pré-existe dans l'entreprise ou l'établissement une culture en santé et sécurité au travail.

3 les acteurs de l'entreprise doivent être prêts à remettre en cause leurs modes organisationnels si ceux-ci sont sources de stress.

4 l'ensemble du personnel est informé et impliqué.

5 la création d'un groupe projet, d'une cellule de travail ou de veille dédié(e) à ce risque.

 

 

Combattre le risque à la source, exemples:

Adapter le travail demandé aux capacités et aux ressources des employés (en tenant compte de leur âge, par exemple)

Organiser le travail pour le rendre stimulant et donner l'opportunité au personnel d'utiliser ses compétences

Définir clairement les rôles et les responsabilités de chacun

Donner la possibilité aux employés de participer aux décisions et aux actions de changements qui affecteront leur travail

Améliorer les communications et réduire les incertitudes, par exemple en ce qui concerne les plans de carrière

Permettre l'opportunité d'interactions sociales entre tous les acteurs de l'entreprise

La prévention du stress au travail orientée vers l'amélioration de l'organisation et des conditions de travail a des effets durables, contrairement aux actions centrées sur le renforcement des résistances de l'individu (cf. ci-dessous).

Renforcer la résistance au stress des salariés par

- des techniques de développement personnel (relaxation et de ré-évaluation cognitive, psychothérapie cognitive)

- des formations spécifiques pour gérer des relations avec le public.

Ces techniques de développement personnel et les formations à la gestion des conflits sont efficaces pour les professionnels particulièrement exposés à des situations de tension (ex : contact direct et permanent avec le public ; métiers de la santé ou du travail social au contact de la mort et de la maladie). Elles fournissent rapidement aux professionnels des "armes" pour lutter contre leur stress. Leur mise en place s'intègre en général au plan de formation de l'entreprise, ce qui est simple, flexible, peu coûteux, et non perturbant pour l'organisation.

 

Il faut aussi s'attaquer  aux sources du problème, si l'on veut que les effets bénéfiques  se maintiennent dans le temps.

 

Prendre en charge les salariés en souffrance d'un point de vue médical et/ou psychologique des personnes qui souffrent déjà de problèmes de santé dus au stress et qui ne sont plus en mesure de faire face aux contraintes imposées par leur travail. Indispensable et premier dans certains cas, ce type de réponse est loin d'être suffisant. Il doit déboucher sur une réflexion concernant les sources de stress : pourquoi telle personne en est-elle arrivée là ? Son état s'explique-t-il seulement par une fragilité personnelle ? D'autres personnes de son entourage professionnel présentent-elles les mêmes difficultés, même moins exacerbées ? Peut-on établir un lien entre ces difficultés et les conditions de travail ? Etc.

 

 

Les principales étapes d'une démarche de prévention du stress

 

L'émergence d'un projet de prévention du stress dans une entreprise peut relever d'une démarche volontaire de celle-ci ou être suscitée par des acteurs de la prévention externes à l'entreprise.

 

Côté entreprise, le projet peut naître à l'occasion de sa démarche d'évaluation des risques professionnels, du débat social autour des conditions de travail ou de l'apparition de situations préoccupantes : suspicion de harcèlement, suicides, violences entre salariés ou de la part du public, épidémie de troubles musculo-squelettiques, retards, "démotivation du personnel", absentéisme", …

 

Côté acteurs de prévention externes (préventeurs institutionnels), un tel projet émergera si ces préventeurs repèrent des dysfonctionnements tels que ceux évoqués précédemment (suspicion de harcèlement, suicides, violences entre salariés ou de la part du public, etc.) qui sont de véritables signaux d'alerte d'une situation dégradée.

 

Une fois le projet décidé, la démarche de prévention du stress doit suivre un certain nombre d'étapes. Sur le plan théorique, ces étapes sont nettement séparées les unes des autres, mais dans la pratique elles peuvent se chevaucher, fusionner, … L'enchaînement de ces étapes décrit une démarche de prévention "idéale", pas toujours applicable pas à pas, mais donnant des points de repères importants.

 

Selon l'ampleur et/ou la gravité de la situation, le recours à un intervenant extérieur (institutionnel ou privé) peut être jugé nécessaire. Son intervention peut être limitée à certaines étapes (diagnostic, évaluation) ou concernée l'ensemble de la démarche.

 

Première étape : pré-diagnostic ou analyse de la situation

L'entreprise qui souhaite s'engager dans une action de prévention, sans recours à une aide extérieure, peut établir un pré-diagnostic en s'appuyant sur un certain nombre d’informations à sa disposition. Ce sont des données qui concernent son fonctionnement ou la santé de ses salariés et qu’elle peut mobiliser assez facilement et rapidement auprès des services ad hoc. Elles ne nécessitent pas d'investigations particulières.

 

Concernant l'entreprise, les données portent sur des indicateurs : organisationnels (absentéisme, turnover, faible respect des horaires, problèmes disciplinaires, intimidations, grèves, …)

de production (quantité, qualité, rebus, …)

économiques (cotisations accidents du travail et maladies professionnelles …)

 

Concernant les salariés, les données recueillies par le service de santé au travail sont présentées sous forme "d'indicateurs de santé".

 

Si ces indicateurs sont dégradés, ils seront les déclencheurs de l'action ; ils pourront être suivis tout au long de la démarche et permettre d'évaluer les bénéfices de l'action.

 

Si l'entreprise décide de faire appel à des préventeurs institutionnels ou à des cabinets conseil pour la guider dans sa démarche, ceux-ci commencent par analyser la situation dans son ensemble.

 

En effet, sauf exception, les attentes des différents acteurs de l'entreprise se présentent de façon complexe voire confuse avec d'importants décalages ; les représentations sont tranchées, contradictoires et fortement empreintes d'émotions diverses. De plus, les problèmes évoqués ne traduisent souvent que partiellement la situation réelle. L'intervenant doit alors détecter la nature des autres dysfonctionnements et replacer ceux qui lui ont été soumis dans un contexte plus large. Pour ce faire, il pourra s'appuyer sur les indicateurs de dysfonctionnement ou de mauvaise santé évoqués précédemment dans le cadre du pré-diagnostic. Cette étape de détection des enjeux des différents acteurs de l'entreprise et de l'ensemble de la situation est capitale : L'intervenant a un rôle d'aide ; il ne doit pas se contenter de "livrer un produit" à un client qui a passé commande sans analyser en détail la situation-problème qui a incité l'entreprise à solliciter son concours.

C'est à cette étape que se révèlent ou non les conditions nécessaires pour l'intervention (cf. plus haut).

 

Dès cette étape de pré-diagnostic ou d'analyse de la situation, des actions sont susceptibles d'être mises en œuvre pour des personnes en souffrance qui auraient besoin d'être prises en charge rapidement. Elle peut également donner lieu à des préconisations de prévention. Par exemple, si elle fait apparaître que des dysfonctionnements sont en partie liés au travail de nuit, il faudra se référer aux dispositions réglementaires concernant le travail de nuit.

 

Selon les résultats de cette première étape, la démarche sera poursuivie ou stoppée, si les conditions nécessaires ne sont pas réunies ou garanties.

 

Deuxième étape : mise en place d'un projet spécifique

Au delà d'une réponse d'urgence (prise en charge médicale et thérapeutique) ou de l'application de textes réglementaires, la prévention du stress au travail peut nécessiter la mise en place d'un projet spécifique.

 

Avant tout, il est recommandé de constituer en interne un "groupe projet". Globalement, il aura pour mission d'impliquer l'ensemble des acteurs de l'entreprise en les informant, de guider le choix et la mise en forme des outils d'investigations, d'aider les intervenants extérieurs dans l'analyse des informations recueillies, de participer à la formulation de pistes d'actions, d'assurer le suivi des actions et leur évaluation. Ce faisant, le groupe projet sera sensibilisé aux méthodes d'investigations psychosociales, il se forgera progressivement sa propre expérience, sa propre expertise … pour devenir par la suite plus autonome dans la prévention du stress, et plus généralement dans celle des risques d'origine psychosociale.

 

Sa composition est variable selon la taille et la structure de l'entreprise, mais il doit être représentatif de l'ensemble des salariés concernés par le projet. Les membres de ce groupe doivent être crédibles et respectés par leurs pairs. Ils doivent également avoir des compétences en communication, pour le travail en équipe et bien connaître la structure dans laquelle ils travaillent.

 

Les missions et rôles de ce groupe projet seront clairement définis et communiqués à l'ensemble du personnel.

 

Troisième étape : diagnostic approfondi

Le diagnostic de stress dans une entreprise s'appuie d'une part sur les données mobilisables dans l'entreprise et d'autre part sur des investigations plus poussées spécifiquement mises en œuvre dans le cadre de la démarche de prévention. Il a pour objectif d'identifier les sources de stress, d'expliquer pourquoi un certain nombre "d'indicateurs passent au rouge".

 

Ces investigations seront guidées par les étapes précédentes. Différentes méthodes peuvent être utilisées : observations de l'environnement et des conditions de travail, entretiens individuels ou de groupe, groupes de discussion, questionnaires portant sur la perception des conditions de travail, du stress, de la santé et de la satisfaction au travail.

 

Pour garantir la neutralité du diagnostic et sa crédibilité vis-à-vis de tous les acteurs de l'entreprise, le recours à un intervenant extérieur (institutionnel ou privé) peut être nécessaire. Un diagnostic en interne est néanmoins possible si les membres du groupe projet en sont d'accord.

 

Quatrième étape : Restitution des résultats

Une fois les analyses effectuées, avec l'implication et l'éclairage du groupe projet, les résultats sont communiqués aux différents acteurs de l'entreprise. Il est important de souligner que la démarche de prévention du stress ne s'arrête pas là. Ces résultats doivent être validés, appropriés et traduits par les différents acteurs de l'entreprise en plan d'action.

 

Cinquième étape : Elaboration et mise en œuvre d'un plan d'action

A la suite du diagnostic, le groupe projet arrêtera, sur la base des restitutions aux différents acteurs, un ou des plans d'action, suivant trois niveaux décroissants de priorité : (1) l'élimination du risque, (2) l'isolement du risque ou (3) la réduction du risque.

 

Souvent mentionnée dans la littérature mais peu détaillée, la mise en œuvre du plan d'action est pourtant une étape à part entière de la démarche de prévention.

 

Cette étape doit faire l'objet d'une communication particulière (réunions, présentations, lettre d'information, discussions informelles, …) voire régulière.

 

Sixième étape : Evaluation de l'action et suivi

Pour être complète, la démarche doit inclure l'évaluation des actions menées et le suivi du plan d'action (notamment par le contrôle d'indicateurs "avant-après"). Cette évaluation permet de ré-ajuster la démarche dans une optique d'amélioration continue. Comme pour le diagnostic, l'évaluation peut nécessiter, pour les mêmes raisons d'impartialité et de crédibilité, le recours à un intervenant extérieur. L'évaluation peut se heurter à des obstacles spécifiques à sa mise en œuvre : évolution rapide des entreprises, turnover du groupe projet ou des salariés, coût, etc.

 

Si l'on s'inscrit dans le long terme, l'enjeu de la mise en place d'un projet spécifique de prévention du stress est moins lié aux solutions mises en place qu'à la construction d'une capacité collective à prendre en charge, dans la durée, la prévention du stress dans l'entreprise et plus largement des problèmes d'origine psychosociale. En effet, l'intervenant extérieur (s'il a été sollicité) ne reste pas indéfiniment dans l'entreprise ; il doit faire en sorte que celle-ci puisse s'approprier les résultats et pérenniser cette dynamique de travail (cf. la mise en place du projet). A terme, l'objectif est de faire en sorte que la prévention du stress et des problèmes d'origine psychosociale fasse partie intégrante de la démarche de prévention des risques professionnels dans l'entreprise.

 

 

 

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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 15:16
   Compte rendu de la conférence proposée par le Docteur Michel Hanus, psychiatre*
J. Kerdraon
 
 
Chose importante, l’enfant ne pense pas comme nous, adultes. Il est, en temps que centre du monde, responsable de ce qui l’entoure, d’où son sentiment de culpabilité quand arrivent des problèmes ou des drames dans la famille.
Il est aussi ambivalent, c’est à dire que dans ses pensée, la réalité cotoie sans peine l’irréalisme. « Papa est mort, on ne revient pas quand on est mort… (plus tard)…papa revient la semaine prochaine ! ».
 De même, sa pensée peut être magique, ce qu’il pense va arriver…
Quant à l’école, on ne parle guère plus de la mort qu’en termes de biologie, le contenu émotionnel et culturel de la mort s’est évaporé…L’éducation civique l’aborde peu.
 
Les conceptions de la mort pour un enfant :
On ne meurt pas naturellement, il y a donc forcément un responsable.
Un mort va revenir, on attend son retour.
La mort est contagieuse.
 
A deux ans, la mort est une séparation, une séparation corporelle traduit par un manque de contact.
Vers 3 ans, la mort c’est l’immobilité : « Quand on est mort on ne peut plus bouger, ni manger, on ne respire plus… »
Vers 4 ans, l’enfant comprend que la mort est irréversible, mais il ne l’accepte pas…
«  papa ne reviendra plus…. (Quelques instants plus tard)… Papa revient quand ? c’est long ! »
Vers 6 ans , il comprend que la mort est universelle, tout le monde meurt…
Vers 8 et 9 ans la mort fait partie de la vie…
Dans tous les cas de croyance, son attitude face au drame va se calquer sur l’attitude des proches et de la famille. Son entourage est donc très important.
 
Le choc du deuil, va chez cet enfant perturber son corps, car celui-ci fait son deuil beaucoup plus par le corps que l’adulte. Il pourra avoir des sentiments de révolte, d’ injustice, qui le mettront en grande colère.
 Va-t-il l’exprimer ? C’est là que va se construire l’écoute .
Les enfants en deuil ont tendance à vouloir veiller sur le parent restant. ( car la mort est contagieuse !) Il voudra dormir près de lui. Il est bon de lui expliquer qu’un jour il retournera dans son lit. Chacun voit la durée en fonction de ses motivations, il faut en discuter avec l’enfant… c’est le cœur qui parle.
 
Après le choc de deuil, vient une période centrale qu’on peut qualifier de dépressive. Mais l’enfant, contrairement à l’adulte n’a pas la capacité de garder sa douleur constemment. Cette période est souvent celle de plus de prises de risque ( plus de plaies et de bosses !)
Il peut tomber malade. Ses capacités immunitaires diminuent à cause du stress de cette période dépressive.
Il faut savoir que sa subjectivité fait qu’il garde son parent dans l’imaginaire. Les enfants se construisent un adulte, un frère ou une sœur en imagination qui va veiller et communiquer avec eux.
Quant aux objets du disparu, il est bon que l ‘enfant, s’il y tient, ait un ou plusieurs objets à lui, qui symbolisent, la parenté, la succession, l’héritage du disparu. C’est un leg affectif important qui s’ajoute au leg culturel et génétique.
 
Vient ensuite le rétablissement. Même s’il est bien accompagné, l’enfant va garder de toute façon une partie de son chagrin. Ce chagrin récurrent pourra ressortir lors d’un futur deuil même quand il sera adulte .
 
A l’intérieur, la douleur :
Il existe, lors du deuil, une régression chez l’enfant. Quand la mort surprend, il peut s’identifier au disparu. (C’est aussi un moyen de transmission des caractéristiques familiales).
 Le principe de la mort est inacceptable. L’enfant se pose la question : pourquoi nous ? Le mot même de « mort » est inaudible. Parler du défunt, c’est parler avec les vrais mots. L’enfant prend les mots pour argent comptant. Alors attention aux détours !!! (ton père est dans le ciel !)
C’est pourquoi tout l’accompagnement de son deuil par les mots, le dire, est important. Un temps de parole dans un groupe d’aide va le soutenir dans sa peine. De même que des moments d’écoute individuelle permettent de dire ce qu’on ne peut dire en groupe.
Le silence le fait souffrir, il lui faut des explications, sa participation au deuil est essentielle pour son avenir. Mais il ne s’agit pas de l’obliger par exemple de venir au cimetière, mais il est bon de lui proposer. A lui de décider.
Comme il éprouve souvent Un sentiment de culpabilité ( l’enfant se pense au centre du monde), c’est plus de souffrance, il faut penser à le déculpabiliser.
Parfois le deuil se complique, surtout si la relation avec le défunt était conflictuelle. Cela arrive parfois à l’adolescence d’autant plus que l’adolescent est pudique et ne veut pas causer plus de chagrin au parent restant.
Mais s’il refuse l’aide assez souvent moins les filles!  , il faut l’encourager à en parler avec ses copains et quand il le voudra, il pourra trouver réconfort vers un groupe de soutien. Il est bon de lui rappeler, de lui dire qu’ il est libre mais que la porte du groupe de soutien est ouverte pour lui. Qu’il sache que le contact est gardé avec ce groupe par le parent vivant, cela lui apporte une sécurité, « on parle de lui, on parle de sa souffrance, il sait qu’il n’est pas seul ».
 Parlez du défunt, à l’occasion pour que l’enfant mette une individualité sur son parent disparu.
 
Enfin, la souffrance est une question de temps, quand l’être cher vient se loger dans notre cœur, la douleur se dissipe. L’autre existe de nouveau ! On ne l’oublie pas, on ne le remplace pas, puisque sa présence grandit en nous !
 
*MIchel Hanus accompagne l’association Elizabeth Kübler-Ross, qui a objectif d’aider, de former et d’informer toute personne concernée par des situations de rupture, de deuil ou de mort
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 11:22

LE CORPS NE PEUT PAS ETRE MIS DE COTE

 

 

(extrait de mémoire

"Sophrologie et activités théâtrales  à l’ école")

 

 

En Orient, dans toute l’histoire du théâtre, le  corps  est très important, l’acteur est aussi un danseur. Le théâtre n’y est pas fait seulement pour écouter, tout  est  expression. Le corps est la première chose qu’utilise l’acteur. Ce théâtre c’est l’expérience d’un corps  parlant du monde, des valeurs humaines, du combat pour la vie, des souffrances, de la spiritualité…  

Toute cette histoire, on peut la trouver dans la poésie, la poésie qui appartient à la force, la fragilité, la joie, la tendresse, la douleur, l’amour.

Le principe dramatique y fait aussi  qu’un corps devient vivant dans son existence.

 

La voix aussi, c’est le corps. Elle existe par sa relation avec le corps. Alors  celle-ci aussi devient une autre façon de trouver une poésie universelle.

 

En Occident le corps a été mis de côté. La tradition veut que le théâtre soit  principalement la mise en scène de textes.  Dans l’enseignement, il est possible, avec la jeunesse,de travailler différemment, loin du théâtre qui demande intelligence et culture.

 

Le théâtre comme les exercices sophrologiques,  c’est une pratique un peu magique, comme celle des musiciens qui en même temps qu’ils jouent, gardent lucidité et contrôle. On fait ce travail à travers le corps, à travers la voix.

 

 

 

On commence à prendre des éléments de rythme, de corps, des éléments qui permettent de créer ensemble une harmonie, sensible aux  rythmes de montée et de relâchement de l’énergie, aux phases d’intensité alternant avec les phases de relâchement et de détente. C’est une façon d’ ’’Etre’’  qui consiste à être totalement présent, et en même temps totalement avec son groupe puis totalement avec le public.

 

Dans ce théâtre oriental l’ harmonie est totale avec aussi l’art, la médecine, la danse, la spiritualité. L’acteur est  comme le danseur, le médecin, le philosophe, sur le même chemin. Dans chaque geste, on trouve une ritualité du corps que nousavons perdue  en occident  et que nous recherchons actuellement.   

 

Voilà pourquoi, il est important de développer les exercices du corps dans l’entraînement théâtral.

Voilà pourquoi je propose un entraînement sophrologique à l’intérieur des ateliers de pratique théâtrale.

 

 Les exercices vaudront  alors terrain d'expérimentation de ce corps, du corps de l’autre, d’investissement de ce corps dans l’espace, d’extériorisation…  outre le fait  d’envisager ces exercices comme élément favorisant le lien social .

 

Les élèves s'impliquent d’autant plus dans l'activité, qu’il n’y a pas seulement le rapport pour ne pas dire l’obéissance au texte  mais rapport à leurs corps et leurs vécus. Le corps apparaît dans les exercices de relaxation comme pratique expérimentale. Pour que le corps puisse être utilisé de manière efficace il faut obtenir un silence complet et une vraie concentration sur soi, que l'enseignant ressente aussi dans son corps les suggestions qu'il va donner aux élèves comme base expérimentale.

 

Rien de mieux que de partir des bases de la relaxation, pour déboucher ensuite sur de l'expression corporelle, ou mieux des mouvements dansés. Le premier point est donc d'arriver au calme et au silence. Le second, l'écoute.

 

Et pour tout apprentissage du corps, il est nécessaire de prendre conscience de celui-ci, de sa matière, de son étendue, de sa direction : (" l'étendue suppose une structure :

les corps sont étendus, les corps sont pesants, la colonne vertébrale est une forme, ligne, longueur, avec direction.. "), de son volume : la situation du corps dans l'air,  une appréhension du sens et de l'orientation que la matière suppose... ( Se concentrer sur les vibrations au niveau de la peau, puis de la chair. Faire remonter le regard intérieur…)

 

Il est nécessaire aussi de prendre conscience de son immatérialité, des vides du corps, de sa légèreté. ( le corps repose sur l'air, que la tête s'appuie sur l'air…) Ce qui est facilement expérimenté par la relaxation et les exercices sophrologiques. le corps est ici recréé en œuvre. La prise de conscience en demi-sommeil transforme le corps en objet d'art. La transformation du corps en oeuvre d'art résulte du fait qu'il est posé et reconstruit par les images de la conscience qui sont propres au vécu intime et culturel.

 

On a l'impression que l'espace est l'artiste qui modèle les formes du corps : la nature y est créatrice de la plastique humaine. Impression qui permet de découvrir la possibilité d'une danse libre, d'un mouvement du corps créé à partir de soi-même. L'exercice de relaxation peut alors déboucher sur une créativité dansée.

 

Vous l’avez compris, dans tout travail d’expression, le corps, la voix, l’esprit sont intimement liés. Le corps est la voix, la voix est l’esprit, l’esprit est le corps…Faire du théâtre, c’est être vivant… totalement dans son corps, totalement dans son Etre.

 

Vous l’avez compris encore, la sophrologie est un atout pour aborder le corps, l’espace, le groupe, le renforcement du mental.

 

 

 

 

 

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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /Nov /2006 14:44

Les sophrologues voient arriver de plus en plus tôt dans leurs cabinets des petits qui manifestent de bonne heure les signes évidents d’un stress intériorisé. Et même lorsque ce stress est affiché (les garçons, en particulier, utilisent volontiers l’expression « Ça me stresse »), ils sont dans l’incapacité de s’en libérer. Des générations avant eux, n’importe quel enfant repartait jouer et pensait à autre chose.
Quant aux parents, inquiets, parfois exsangues et souvent fatigués, ils courent de spécialiste en spécialiste à la recherche d’une solution à ce « problème ».

Or en croyant offrir de l’insouciance à leurs enfants, les parents créent un terrain propice à l’angoisse. Le meilleur exemple est l’exposition aux informations. On ne compte plus les enfants qui dînent avec leurs parents devant le journal télévisé, recevant de plein fouet des images souvent crues, choquantes, impossibles à expliquer... Cette bouffée émotionnelle, extrêmement puissante, peut créer ou favoriser un état d’anxiété prompt à se manifester. Un stress peut dès lors s’installer, facilement entretenu dans le quotidien de l’enfant.

• Les signes qui alertent.

 

D’une manière générale, un changement de comportement de votre enfant doit vous amener à vous interroger - ou à creuser, en particulier dans les cas où :


- il/elle se plaint de douleurs abdominales fréquentes - ou relate une sensation de « boule » au niveau du ventre (parfois du sternum)

- il souffre de maux de tête, récurrents et plus ou moins intenses

- il manifeste de l’impatience (parfois teintée d’agressivité ou d’insolence) ou une hypersensibilité (accompagnée de pleurs) déconnectées avec les événements

- votre enfant met beaucoup de temps à s’endormir (3)

- il est physiquement nerveux, et constate des tensions musculaires, ou trouve que son corps « serre »

- par instant, il a l’impression que son cœur s’emballe (il peut même l’entendre battre plus fort) ou il ressent des bouffées de chaleur

- il a des tics nerveux : inconsciemment il agite un pied, fait craquer des doigts, se mordille les lèvres, s’arrache des petites peaux ou des cheveux...

- il exprime du manque de confiance, de la dévalorisation, sans rapport avec la situation qu’il vit - ou disproportionné

- il bégaye, cherche ses idées, a de plus en plus de mal à se concentrer

- il est anormalement exigeant, voire en recherche de contrôle sur son entourage (parents, fratrie...)...

 

 


Dans un premier temps, comparez vos observations avec votre entourage. Votre conjoint, une tante, une amie, remarquent-ils les mêmes choses que vous ?
Cette situation est-elle récente, inhabituelle par rapport à la personnalité ou aux aptitudes de votre enfant ?

.

Interrogez l’enseignant de votre enfant ; parfois c’est lui qui viendra spontanément à vous, corroborant vos constatations. Ne soyez pas d’emblée exagérément soucieux : votre inquiétude transpire et pourrait influencer ces manifestations. Considérez que vous menez une enquête en recueillant le maximum d’informations.


• Ce qu'observent les " maîtres "


Certains signes attirent leur vigilance et les amènent à s’interroger sur un changement dans la vie de l‘enfant, qu’ils questionnent « Mais qu’est-ce qui se passe, en ce moment ? ».

Les enseignants repèrent parfaitement les signes classiques d’un état de stress : mal au ventre inexpliqué, mal à la tête, tics nerveux, agitation, bégaiement récent...
Ils observent, en outre, que :

 

- l’enfant développe une fragilité nouvelle, il pleure plus facilement, à la moindre contrariété ou difficulté,

- il change radicalement d’attitude : un enfant habituellement sage, qui devient « infernal »,

- il ponctue de façon récente ses échecs de phrases de dévalorisation : « Je suis nul », « C’est toujours comme ça... »,

- il devient désordonné, ne range pas sa table, empile ses cahiers et ses livres autour de lui,

- en groupe il se cache derrière un livre ou un cahier, ou se met en retrait pendant une activité collective,

- il demande à aller fréquemment aux toilettes,

- il sollicite exagérément les adultes, en particulier quand il ne sait pas quoi faire ; il ne sait plus s’occuper tout seul,

- il pose toujours la même question - ou se polarise sur une marotte,

- il copie sur le voisin, non pas pour tricher mais pour « vérifier », par manque de confiance...


Le stress est un syndrome, c'est-à-dire un ensemble de manifestations physiques, psychologiques et comportementales, différentes d’un individu à l’autre (selon le type de stress).

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Vendredi 21 juillet 2006 5 21 /07 /Juil /2006 13:20


Nous avons tous besoin d'activité physique pour être en bonne santé. En général, les gens qui s'exercent régulièrement, ou qui naturellement intègrent l'activité physique dans leur journée, se sentent mieux mentalement et physiquement, améliorent leur santé et maintiennent leur potentiel d'autonomie au fur et à mesure que l'âge avance.
.On peut que les adultes doivent essayer d'avoir 30 minutes (par périodes d'au moins 10 minutes) d'activité physique modérée tous les jours de la semaine. Les activités comme la marche, le ménage, le jardinage, les activités professionnelles, le sport et les loisirs, peuvent être considérés comme activités sportive.
 Cependant, en sophrologie dans la perspective Esprit/Corps, nous ne considérons pas l'exercice seulement sous son aspect physique, mais comme une occasion d'accéder à la prise de conscience de soi-même et de développer la croissance spirituelle. L'exercice peut être l'occasion de mieux se connaître soi-même . Cet état de conscience peut être réalisé en combinant la réponse de relaxation avec votre activité, en portant la conscience de soi dans l'instant présent alors que l'activité se déroule. La relaxation dynamique I est idéale pour accéder à la conscience de soi dans sa plénitude Esprit/corps.

 

Vous pouvez pourtant vous permettre de faire des choix  parmi les exercices proposés qui peuvent  être focalisés de façon variable selon le besoin, l'humeur et l'intention du jour. Certains jours vous pourrez  prendre appui  sur le protocole stricte de la relaxation dynamique de Caycédo , d'autres jours vous laisserez votre créativité à l'oeuvre, ou vous  apaiserez votre esprit pour la relaxation.

 

Toujours en écoutant votre corps et en apprenant à apprécier ce qui est bien pour vous, vous pouvez affiner votre pratique d'exercice pour renforcer et harmoniser votre santé dans son unité émotionnelle, spirituelle et physique. L’esprit entraîné, laissez votre corps faire le travail juste c’est à dire pour votre personne entière.

 

 La relaxation dynamique  apporte la vraie "santé" plutôt que juste la "bonne forme".

 

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Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /Juin /2006 17:31

 

La conscience

 

Pas de chemin…

 

Quand l'homme percevra le mouvement de sa propre conscience il verra la division entre le penseur et la pensée, l'observateur et l'observé, l'expérimentateur et l'expérience. Il découvrira que cette division est une illusion.

 

Que l’accès à la vérité est sans chemin, ne passe par aucune religion, aucune philosophie ni aucune secte. Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent conduire l'homme vers la vérité.

 

Il lui faut la trouver dans la relation, par la compréhension de son propre esprit, par l'observation et non par l'analyse intellectuelle ou l’ introspection.

 

 

 

L’esprit de l’homme est encombré…

 

 

 

L'homme s'est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances. Le fardeau qu'elles constituent domine sa pensée, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont là les causes de nos difficultés qui séparent l'homme de l'homme. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit.

 

 

 

Le contenu de sa conscience est cette conscience

 

 

 

Ce contenu est commun à toute l'humanité. L'individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l'homme se construit au contact de son environnement. La nature unique de l'individu ne réside pas dans cet aspect, mais dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience.

 

La liberté n'est pas une réaction; la liberté n'est pas le choix. C'est la vanité de l'homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n'a pas de motif; la liberté ne se trouve pas au terme une évolution recherchée mais dans le premier pas de son existence. C'est dans l'observation que l'on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.

 

 

 

 

 

L’homme est esclave du passé

 

 

 

La pensée est temps. La pensée est née de l'expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l'ennemi psychologique de l'homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l'homme se trouve toujours esclave du passé.

 

La pure observation est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé. Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical.

 

La négation totale est l'essence de l'affirmation. Quand il y a négation de tout ce qui n'est pas amour - le désir, le plaisir - alors l'amour est, avec sa compassion et son intelligence.

 

La conscience est notre véritable réalité, c'est notre Être réel, notre Soi profond.  

 

 Le savoir n'est pas la connaissance, le savoir est pure théorie et ne permet pas la prise de conscience. La connaissance est pratique, concrète et vécue. La connaissance est l'expérience d'une certaine réalité, des phénomènes existentiels.

 

La connaissance vécue par l'expérience directe des phénomènes procure la conscience. 

 

La conscience est la connaissance plus l'expérience. Pour une véritable ouverture de conscience, la connaissance doit être acquise. L'être possède une conscience infinie qu'il doit découvrir. 

 

La Conscience

 

Sept fonctions principales  permettent la captation et l'intégration des données de l'univers, l'individu étant un élément de cet univers. Ces fonctions réceptrices peuvent aussi être émettrices : la Conscience agit également sur l'univers et l'être humain peut agir sur lui-même.

 

Ces sept fonctions sont: 1 la sensorialité, 2 le sentiment cognitif et son moteur, 3 l'émotion, 4 l'intuition qui permet l'interprétation, 5 la rationalité, 6 la mémoire, 7 la projection et la transcendance ou capacité d'aller au-delà de l'expérience. Cette distinction arbitraire permet de mieux concrétiser cette parcelle d'absolu qui « prend conscience » de tout et qui peut se rendre compte d'elle-même.

 

La sensorialité (ou perception), I'émotion,  moteur  du sentiment, le sentiment cognitif (ou fonction d'appréciation) - et l'intuition sont reliées entre elles par la fonction transcendante ou fonction de dépassement - la transcendance étant l'au-delà de l'expérience. L'information entre par le biais de la sensorialité corporelle, poursuit sa formation au niveau de la fonction du sentiment, animée par l'émotion, se transforme grâce à l'intuition et s'exprime finalement, de manière créative, par l'intermédiaire de la fonction rationnelle. Si, par contre, elle passe directement de l'entrée corporelle à l'intellect comme c'est souvent le cas, il n'y a pas alors de véritable formation et la réponse n'est que « réflexe », conditionnée par la culture intellectuelle et l'éducation reçue. Tout ceci sous l’influence du passé et du futur amenant des réponses réflexes culturelles (passé), ou des réponses créatives (futur)

 

Ces fonctions ont toutes leur localisation cérébrale propre: la sensorialité dans le cortex pariétal, I'émotion dans le cerveau « limbique », I'intuition, dans le cerveau « reptilien », la projection dans les aires préfrontales. Notre culture et notre éducation ayant privilégié le développement principalement de la fonction rationnelle, nous avons un hémisphère dominant (l'hémisphère cérébral gauche pour le droitier :côté de la rationalité, de l'intellect, du mental). au détriment de l'autre hémisphère

 

S'il est difficile d'appréhender la conscience en tant que telle, il est relativement facile de prendre conscience des manifestations de ses fonctions, c'est-à-dire des expressions. Ces dernières sont toujours les mêmes : des perceptions sensorielles plus ou moins profondes, des images et un (ou plusieurs) discours intérieur. La conscience est non seulement la faculté de percevoir mais encore le sentiment que nous avons de vivre, d'agir, de penser, de vouloir, de participer au cosmos, à l'Univers.

 

A partir du moment où nous sommes capables de nous rendre compte des expressions de la conscience (voir plus haut), nous sommes capables de prendre conscience de notre conscience.

 

Evolution de la conscience. Que se passe-t-il ?

 

► L'homme conscient engage un travail de connaissance de lui-même le conduisant à se déconditionner et à devenir autonome en accédant à ses propres règles de fonctionnement. C'est l'autonomie, qui va produire un changement de la personne et l'entrée vers l'accès à un niveau de conscience supérieur. Cette première étape de la connaissance de soi correspond souvent au travail psychanalytique durant lequel l'homme commence à établir un contact avec son inconscient. L'homme, dans son premier travail sur lui-même, accède d'abord à son imaginaire pulsionnel et social c'est-à-dire à son inconscient personnel, ce qui provoque une première transformation et l'accès à un niveau de conscience supérieur.

 

►En continuant son travail de confrontation avec l'inconscient, il accède ensuite à l'inconscient collectif et rencontre alors l'univers du mythe, du symbole. La conscience semble alors s'élargir encore pour devenir illuminée, créative et intuitive. Ces nouvelles transformations semblent se produire différemment suivant les individus. Elles peuvent s'effectuer parallèlement et dans un même mouvement ou suivre un ordre allant des visions et des illuminations vers un état créatif et poétique puis vers une conscience intuitive. L'achèvement de cette phase d'ouverture vers un nouveau niveau de conscience se produit par l'expérience de l'unité, de la non - séparativité, de la non- dualité et de la conscience cosmique. L'homme se sent, par instant, relié au monde et accède à la vérité par éclairs révélateurs.

 

► Par la  transcendance de la dualité, l’homme n'est plus alors ni dans la dualité (le Moi), ni dans la non dualité (le Soi) mais au-delà de cela (uni dualité). Dans la réunion des polarités en un centre l'homme accède à la plus haute réalisation et dépasse les limites de l'ego. Cette progression vers la réalisation de soi, semble entrer dans une démarche qui prend du temps, correspondant à une méthode de connaissance de soi ouvrant peu à peu vers l'évolution de la conscience humaine. Pourtant, paradoxalement, l'évolution de la conscience ne peut s'effectuer par accumulation de connaissances, elle se produit par l'expérience soudaine nous arrachant à l'état précédent où nous étions fixés.

 

Un certain nombre de caractéristiques accompagnent le processus sans affirmer que ces caractéristiques sont indispensables au terme de cette recherche. Ces caractéristiques sont les suivantes :

 

- Les flashes existentiels, les rencontres, une rupture, la rencontre avec le réel, l'émergence du sacré, l'ouverture spirituelle, la rencontre avec les archétypes (symboles, mythes...) le développement d'une conscience cosmique

 

 -La recherche du sens de la vie, le questionnement, les doutes, la connaissance de soi, le déconditionnement, le renoncement aux croyances et aux illusions, l'arrachement aux habitudes, l'affrontement avec l'inconnu, la reconnaissance et l'écoute du monde intérieur, la reconnaissance de l'importance de l'imaginaire, la reconnaissance de ses limites, le renoncement au désir de toute puissance,

 

 -Le développement de la créativité et de l'intuition, le sentiment d'unité, - l'attention, l'écoute- l'acceptation, le renoncement, l'abandon de soi, - la mort symbolique, - la réunion des opposés en un centre- la rigueur, la persévérance, le courage

 

 Mais parfois aussi la souffrance, les conflits intérieurs, le désespoir, la solitude, l'isolement intérieur, la confrontation avec les démons intérieurs

 

Les caractéristiques de l'homme noétique, commune aux trois objets de la recherche et qui sont le signe de leur épanouissement sont :

 

- la paix avec soi-même et le monde, - une joie constante et sans objet, - une grande capacité créatrice, - une acceptation totale de ce qui est, - une grande qualité d'écoute, - une absence de ressentiment, - une complète autonomie, - une grande rigueur et de la fermeté, le sens de la responsabilité, - la conscience d'être relié et le besoin de transmettre ce dont ils ont fait l'expérience, - une compréhension du sens de la vie et du monde.

 

 

 

 

 

Le développement de notre conscience va chercher à développer les fonctions pas assez sollicitées.

 

Mais sachons que l'Univers évolue, que  la Conscience bénéficie de cette évolution.
La première étape, indispensable, de la gymnastique de la conscience consiste en la modification du niveau de conscience.

 

Niveaux de conscience selon Caycédo

 

La conscience comporte des niveaux bien distincts : Le niveau entre veille et sommeil est celui qui nous intéresse tout particulièrement, c'est celui que nous pouvons acquérir par l'entraînement. Il se trouve entre veille et sommeil près du sommeil tout en étant d'éveil. Caycédo le nomme le niveau sophroliminal

 

Les niveaux de conscience dépendent de l'activité d'une partie importante du cerveau appelée formation réticulaire ou substance réticulée, qui s'active vers la veille et qui se désactive vers le sommeil.
Or, cette réticulée est aussi en rapport très étroit avec le tonus musculaire : la désactivation musculaire entraîne une désactivation réticulée. Au contraire, leur contraction entraîne une activation de la substance réticulée.

 

Le système nerveux autonome lui fonctionne sur les deux modes sympathique et parasympathique, nous avons une possibilité d'intervention sur ce système par le biais de la respiration : l'inspiration est orthosympathique - c'est-à-dire activatrice -, alors que l'expiration est parasympathique - c'est-à-dire dés activatrice.
La relaxation musculaire va donc permettre un approfondissement du niveau de conscience vers ce niveau sophroliminal favorisé aussi par une expiration plus longue que l'inspiration.

 

 

 

 

 

Le niveau sophroliminal possède des avantages caractérisés par l'augmentation de la tonicité de la conscience et, donc, de l'intégration :
- de la mémoire,
- de l'imagination,
- du désir de ou expectative
- de la concentration
- de la prise de conscience, le « se rendre compte »
- de la créativité.
- de la mise en valeur du positif
-de la perception des manifestations sensorielles, émotionnelles et intuitives de la conscience (sensations, images et discours),
- de l'apprentissage,
- des possibilités de futuriser, de bâtir des projets,
- de la capacité de dépassement, de transcendance

 

 

 

Les niveaux de conscience dépendent de l'activité d'une partie importante du cerveau appelée formation réticulaire ou substance réticulée, qui s'active vers la veille et qui se désactive vers le sommeil.
Or, cette réticulée est aussi en rapport très étroit avec le tonus musculaire : la désactivation musculaire entraîne une désactivation réticulée. Au contraire, leur contraction entraîne une activation de la réticulée.

 

Tout le système nerveux autonome fonctionne sur les deux modes sympathique et parasympathique et que nous avons une possibilité d'intervention sur ce système par le biais de la respiration : l'inspiration est orthosympathique - c'est-à-dire activatrice -, alors que l'expiration est parasympathique - c'est-à-dire désactivatrice.
Par conséquent, la relaxation musculaire va permettre un approfondissement du niveau de conscience vers ce niveau paradoxal d'éveil, approfondissement favorisé aussi par une expiration plus longue que l'inspiration.

 

Nous savons que nous avons tous des images, des idées, des pensées, des discours intérieurs qui nous excitent ou qui nous calment.

 

Pour modifier le niveau de notre conscience dans un sens d'approfondissement, c'est-à-dire pratiquer une introspection, nous allons pouvoir utiliser :

 

- la relaxation musculaire,
- l'expiration prolongée,
- des images neutralisantes,
- un discours fait de mots désactivateurs.

 

Afin de faciliter la concentration sur le corps - qui va être notre point de départ et notre point d'arrivée -, il va falloir laisser de côté nos images et notre discours mental et les remplacer par un discours corporel, c'est-à-dire une description des sensations perçues, avec des mots justes, simples et naturels.

 

Pour ceux qui pratiquent  cet entraînement sophrologique caycedien , ça leur demande d'exercer une pratique corporelle et en même temps :
C’est mettre entre parenthèses les à priori, les jugements, et parfois le sens qu'on donne habituellement.
C'est une suspension (pas une suppression).
C'est suspendu le temps de l'expérience puis tout peut être revu avec le fruit de l'expérience.
C'est un processus toujours actif, toujours corporalisant. (Relaxations dynamiques)
 
L'ouverture proposée par Caycedo et sa méthodologie est unique en son genre si on parle de la sophrologie caycedienne qui respecte un code de déontologie.
Mais comment  amener en présence la conscience en marche sans pour autant intégrer la conscience d'une élite, ni celle des mystiques, ni copier coller la culture orientale... Tout cela est à la portée de celui que ça intéresse. Seulement, comme tout apprentissage basé sur l'expérience il faut un temps progressif d'intégration sans en faire un rite, ni un objectif. Se contenter du principe de réalité objective.

 

 

 

Suivre la méthodologie de Caycédo mais aussi  le plus possible pratiquer la conscience ordinaire…

 

Cela se passe d’une manière toute naturelle. Dans le même sens je suis sûr que prendre soin des choses qui nous entourent peut se faire très simplement. Ce n’est qu’une affaire de conscience ordinaire, d’effort d’attention. Il n’est pas nécessaire d’attendre l’éveil total ou “l’unité avec l’univers”. C’est beaucoup plus simple que cela. Nous avons tous besoin de pratiquer l’observation des conséquences ; voir que nos actions ne se passent pas dans le néant. Chacun de nous est, par nature, plus enclin à observer certaines catégories d’actions. Ainsi certaines personnes peuvent-elles prêter grande attention aux produits qu’elles achètent et d’autres seront plus conscientes du langage qu’elles emploient. Notre pratique peut consister simplement à étendre les champs dans lesquels nous observons les conséquences de nos actions.

 

Découvrir la conscience en train d'être ce qu'elle est ...
Le vivre consciemment, mieux la connaître, mieux l'aimer, saisir soi-même les moyens d'éclairer son propre dévoilement (sans dogme, ni religion).
Ce ne sont pas des moyens de détente, ni comportementaux, ni guidés, ni positivés, ni psychologisés, encore moins ceux d'une technique : ça reste des moyens en vivance : Ceux qui s'éprouvent lors de l'expérience simplement en ayant  réussi à se dégager un moment de l'emprise de l’interprétation.

 

 

 

…et la pleine conscience,

 

Pratiquer la pleine conscience c’est ramener corps et esprit vers le moment présent. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de temps. Une fraction de seconde suffit parce qu’être vivant c’est être là, dans le moment présent, dans l’ici et le maintenant ; et cela est possible avec une seule respiration consciente. Nous devons faire cela, non seulement avec nos formations mentales mais aussi pratiquer exactement de la même façon envers notre corps « J’inspire, je suis conscient de mes yeux, j’expire, je souris à mes yeux. . . » Et nos yeux deviennent l’objet de notre pleine conscience. Si nous continuons à pratiquer ainsi pendant quelques minutes, nous découvrirons que nos yeux sont une des conditions de base pour notre bonheur... C’est une chose merveilleuse. Nous n’avons qu’à ouvrir les yeux pour voir le ciel bleu, les nuages blancs, les fleurs de cerisiers, le coucher du soleil, le visage de notre enfant. . . Avec des yeux en bon état, le paradis des formes et des couleurs nous est offert. Il y a des gens qui ont perdu la vue et pour eux la retrouver serait un paradis ; et nous qui avons des yeux, nous oublions cela. Vos yeux sont déjà une des conditions de base de votre bonheur. Et la pleine conscience suffit à toucher une de ces conditions-là. Nous pouvons pratiquer cela avec chaque partie de notre corps.

 

…la dualité

 

Notre conscience est quelque chose de vivant, de nature organique. Il y a toujours les déchets comme il y a toujours les fleurs en nous. Le jardinier qui pratique l’art de la culture biologique tâche de conserver les déchets parce qu’il peut les transformer en compost et le compost en fleur. Et dans le compost on peut voir des fleurs. La même chose est vraie avec nos formations mentales : il y a des fleurs comme les valeurs existentielles, mais il y a aussi des déchets comme la peur, le doute ou la douleur. C’est le principe de non dualité qui est en nous. Si je sais que l’amour c’est moi et que la douleur c’est aussi moi, que la compréhension c’est moi et que la souffrance aussi, alors je vais en prendre soin. Je ne vais pas supprimer ma souffrance parce que je sais que je peux la transformer en fleur... La fleur existe parce que la souffrance est là. 

 

Prendre conscience d'une transformation intérieure radicale :

 

  • Sans contrainte, sans motivation, sans influence intérieure.

     

  • C'est ce sentiment  de transformer qui en soi sera ACTION.

     

  •  Le changement demande une action énergique et unifiée.

     

  • La compréhension n'est plus prise dans le mécanisme de la recherche.

     

  • Une attention se fait jour que ne vient pas distraire le désir de réussir.

     

  • La vérité est une chose vivante - état propice à la recherche véritable.

     

  • La compréhension abolit le temps, les âges, et balaie toute différence entre l'enseignant et l'enseigné

     

  • Il y a participation de la totalité de son être.

     

Attention :

 

Le raisonnement peut amener à la conclusion d'un changement, mais une compréhension purement intellectuelle ne peut susciter l'action du changement, ce qui en fait une réponse artificielle, car la totalité de votre être ne participe pas, votre esprit n'accorde pas une attention complète.

 

Une partie de l'esprit est convaincue du changement et essaie de triompher des autres en imposant une discipline.

 

L'action de la volonté est inutile (elle apporte de la violence car elle revient à être autre chose que ce que l'on est).

 

La compréhension n'est-elle pas un état d'esprit dans lequel le savoir, la mémoire, la recognition ne fonctionnent pas immédiatement ? ("Comprendre un enfant" : l'intention de comprendre).

 

 

 

 

 

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Samedi 13 mai 2006 6 13 /05 /Mai /2006 15:50

la phénoménologie :

 Husserl a permis de faire de grands progrès à la philosophie et est considéré comme le père de la phénoménologie . En phénoménologie, il ne s'agit pas de "penser des pensées", il s'agit de constater ce que nous voyons. Afin d'éviter tous les intermédiaires de concepts abstraits, l'Homme doit "coller" à la vie elle-même. Husserl va donc nous donner la première possibilité de trouver la manière de nous comporter dans le monde, selon les données qui nous sont offertes, à nous les êtres humains.

 

 

 

Son premier principe:

 

"nous avons conscience", c'est à dire que nous nous rendons compte des choses.,

 

il élabore un système extraordinaire à partir de cet axiome prouvant que nous sommes des êtres distincts du monde. Husserl ne part pas d'une idée "platonique" du monde mais bien de la manière dont les choses sont immédiatement présentées à la vue.

 

 

 

 C'est ainsi qu’il a donné ses bases à la Phénoménologie.

 

Formé aux mathématiques et à la philosophie. Il est  influencé par le psychologisme, qui considérait la psychologie comme le fondement de toute la connaissance humaine. Le psychologisme identifiait l'objet de connaissance et le sujet qui connaît.

 

 

 

(Pour le psychologisme les choses ne sont pas indépendantes de moi. C'est moi qui perçoit la  forme et la couleur. C'est pourquoi tous les objets que nous "idéons" et que nous sentons étant les produits de notre mental, l'homme se transforme selon toutes les choses. Mais, comme l'homme change dans son histoire (dans sa culture, son âge), il n'y a rien de fixe pour le psychologisme et tout notre savoir est contingent, métamorphique et changeant; il n'y a aucune vérité permanente et éternelle.)

 

Malgré sa formation psychologiste, il réagit bientôt contre cette attitude.

 

 

 

 Il ne pouvait accepter la totale identification entre le sujet qui "vivancie" et l'objet "vivancié". Cela serait déformer la réalité car, avec cette attitude, je ne suis jamais celui qui perçoit, remémore ou pense. Entre le sujet qui vit et l'objet vécu il y a donc une différence de base nécessaire. Il était évident, ajouta t il, que la psychologie ne pouvait être d'aucune façon la base de la logique et de la connaissance car elle n'a, au sens strict, que la mission de décrire les faits psychiques qui ont lieu dans la conscience individuelle, sans distinguer ce qu'il y a de particulier et de changeant, d'universel et de permanent entre eux. Puisque la psychologie considère les évènements comme appartenant à une certaine conscience d'hommes et d'animaux qui, en tant qu'êtres naturels, sont liés au temps, les évènements psychiques sont aussi inexorablement liés au devenir historique. Mais la science et la logique devront se baser sur des faits transmissibles à travers l'histoire, de génération en génération. Si, comme le pensait Dilthey, la vérité est pratiquement relative à la mentalité de chaque époque, la transmission culturelle serait sans objet. Il n'y a pas de doute, la seule chose que nous ayons, nous les humains, ce sont des perspectives de la vérité;

 

 

 

mais au milieu de ces multiples et diverses perspectives, nous pourrons toujours, de quelque manière que ce soit, y découvrir quelque chose de valable et en tout temps, c'est à dire quelque chose qui soit transtemporel et fixe dans sa valeur pour tous les esprits.

 


Husserl, en amoureux de la rigueur des mathématiques qu'il a beaucoup étudiées, continue de préssentir, malgré tout, une exigence fondamentale, devant cette croisée des chemins, celle de construire une philosophie scientifiquement exacte et rationnelle, mais avec une rationalité qui, à la différence de la classique, n'oubliera pas la réalité concrète. La réalité concrète est celle que nous vivons, chacun d'entre nous, en nous-mêmes. En cela il se rapproche du psychologisme. La réalité concrète nous montre, comme expérience originale, l'objectif comme étant quelque chose d'opposé au subjectif et, en cela, se rapprochant aussi de l'empirisme. La réalité concrète est, en fin de compte, le monde donné, conçu comme la conjonction des faits qui nous sont donnés dans notre conscience grâce à notre expérience

 

des données du monde et de nous-mêmes, qui se manifestent dans notre conscience.

 

 

 

 On bâtit trois degrés de savoir :

 

1.      le premier est celui de la connaissance ingénue,

 

2.      le deuxième est la connaissance empirique,

 

3.      le troisième degré introduit la connaissance philosophique.

 

 

 

 Pour l'atteindre, la première chose qu'il faut faire c'est dépouiller les faits concrets que nous donne l'expérience brute de tout ce qu'il y a d'accidentel, afin de commencer à dépasser ce qu'il y a de relatif en eux.

 

 

 

Ce premier pas s'appelle la réduction éïdétique car elle suppose la découverte de l'essentiel (éïdos=essence) et de ce qui est immuable dans une expérience. La réduction éïdétique signifie donc la réduction du fait complexe et constitué - tel qu'il est donné dans l'expérience ingénue ou empirique - à son essence.

 

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Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /Mars /2006 11:54

 

 

 

Les grands axes de la communication

 

  • Prise de conscience du travail respiratoire.
  • Prise de conscience du lien entre communication et sentiments
  • Prise de conscience du regard de l'autre.
  • Prise de conscience de l'image que l'on émet.
  • Recherche et ancrage de ses atouts.  
  • La verticalité, le corps, libération du geste 
  • Confiance en soi, image de soi 
  • Recherche de l'empathie et de l’assertivité.

* PRISE DE CONSCIENCE DU TRAVAIL RESPIRATOIRE

     (Voir articles sur la respiration et sur la voix)

 

* COMMUNICATION et SENTIMENTS

Idées

Observer sans évaluer est la plus haute forme de l’intelligence humaine.

Quand nos sentiments se mêlent à la communication et que nos besoins sont insatisfaits, la communication devient une évaluation de l’autre.

C’est aussi dans l’absence d’expression de nos sentiments que s’installe l’incompréhension et l’agressivité. Un vocabulaire affectif plus riche va nous permettre de décrire plus facilement nos émotions. Dire ces sentiments les rend réels ; cette concrétisation va permettre de tester leur vraisemblance.

Ils nous faut distinguer nos ressentis de ce que nous pouvons être. L’entraînement à la distanciation corps/esprit permettra ce travail de mise à distance  afin de ne plus nous assimiler à nos sensations puis d’en limiter l’interprétation.

 

D'abord les émotions

Les émotions ne répondent pas à des critères d'utilité . Elles sont incontournables. Elles interfèrent avec toutes actions volontaires et mentales.
 Les 4 émotions fondamentales sont la joie, la tristesse, la colère et la peur.
On peut ajouter : "comique, tragique, plaisir, déplaisir, satisfaction, insatisfaction, soulagement, espoir et désespoir".

Les émotions sont moteur de nos actions

 

Ensuite les sentiments

Le sentiment est une tendance ou  état affectif, par opposition à la connaissance".
On ajoute : "amour, caresse, passion, ressentiment, amitié, inimitié, confiance, défiance, jalousie et pitié".

 

 La première chose est de ressentir l'émotion, ensuite, de l'identifier, enfin, nous pouvons l'accepter comme quelque chose qui nous appartient.
Nous pouvons maîtriser nos émotions, les gérer et aussi les contrôler . Bien que ce contrôle puisse aboutir à une crispation de toute la personnalité contraire au but d'harmonie que nous recherchons.

Nous apprenons à gérer nos émotions dans de la vie de tous les jours, et nous pouvons accélérer notre apprentissage grâce à  des entraînements dont nous parlerons plus loin.

Le fait d'élargir son potentiel d'actions et de réactions face à des situations diminuera les tensions et permettra de canaliser l'énergie.
Dès lors, il devient possible d'apprendre à dessiner en imagination puis à expérimenter dans la réalité la carte des émotions à vivre et à vibrer.

La Sophrologie en projet ou en formation, est une approche et une attitude  qui permet de s'inscrire dans une évolution personnelle. Cette technique aide à gérer ses émotions et celles des autres dans l'intérêt de chacun.

 

Accroître son champ d'expérience.

A un niveau général, la Sophrologie a pour objectif d'adapter et d'apprivoiser ses comportements et ses réactions sensorielles. Elle permet d'accroître son champ d'expérience, d'élargir les modes de pensée, de sensations et de comportements. Il s'agit, par le biais de la relation corps/esprit d'étendre le domaine de ses capacités d’appréhender l’ instant à sa juste valeur.

 

 

à suivre...

 

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